Paris: Une salle de repos pour consommateurs de crack ouvre à Porte de la Chapelle

SOCIETE Un démantelement est toutefois toujours prévu par l'Etat ces prochaines semaines

R.L.

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La Colline du crack à Paris (18e)
La Colline du crack à Paris (18e) — AFP

Une salle de repos pour consommateurs de crack ouvre ce mercredi porte de la Chapelle (18e) à la dite « Colline du crack » située en bordure de l’autoroute A1 et à deux pas du Stade de France. Cet espace a pour but de « favoriser le parcours de soins ».

En mai dernier un plan de lutte contre le crack à Paris a été signé par la préfecture de police, la préfecture de région d’Ile-de-France et l’agence régionale de santé (ARS). Et ce, afin d’endiguer ce fléau dans le nord-est de la capitale. « Cela fait trente ans qu’on a du crack à Paris. Trente ans que nous n’avons pas réussi à mettre en place un dispositif et, là, nous le faisons comme cela doit être fait », expliquait Anne Souyris, adjointe à la Maire de Paris chargée de toutes les questions relatives à la Santé et aux relations avec l’AP-HP. Parmi les « solutions » : cette salle de repos.

« Ouverte 7 jours sur 7, de 9h à 17h »

Deux conteneurs vont ainsi accueillir des consommateurs. Cofinancé par la ville et l' Agence Régionale de Santé, le dispositif est géré par deux associations – Aurore et Gaïa – qui y dispenseront des soins et proposeront un accompagnement social, rappelle France Bleu.  « Tout en développant une relation de confiance », indique-t-on au sein des associations. En septembre, l’adjointe affirmait que « cette salle de repos et de répit sera ouverte 7 jours sur 7, de 9h à 17h », assurant que « les consommateurs de crack pourront aussi y recevoir des soins et prendre contact pour commencer un accompagnement médicosocial ».

Début novembre, à la suite de l’évacuation de deux campements regroupant entre 600 et 1.200 migrants aux abords du périphérique parisien, entre la Porte de la Chapelle et Saint-Denis, le préfet de région a indiqué que « la colline du crack sera aussi démantelée dans un délai maximum d’un mois ». Le sujet sera traité « d’ici Noël », avait confirmé plus tard dans la matinée le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, invité de France Info. Ce mardi, la préfecture de Région indique que le « démantèlement est toujours prévu ».

La « colline » avait déjà été évacuée l’année dernière en juin, alors qu’une centaine de personnes y étaient régulièrement présentes, selon les associations. Anne Souyris répond à France Bleu que malgré les évacuations, les consommateurs « sont toujours là, ce n’est pas parce qu’ils ont été expulsés qu’ils ne reviennent pas. Ou alors vous les retrouvez tout autour, sous le périphérique ou l’autoroute ». Et d’ajouter : « c’est mieux qu’ils soient là » dans des salles, « plutôt que tout autour », précise-t-elle à la radio.