Les emprunts du 93 ne manquent pas d'intérêts

Alexandre Sulzer - ©2008 20 minutes

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« C'est une véritable bombe à retardement. » Claude Bartolone, le président (PS) du conseil général de Seine-Saint-Denis, est inquiet. La semaine dernière, le cabinet de consultants Klopfer lui apprenait que « la dette du département est composée à 97 % d'emprunts toxiques ». La collectivité locale, sous l'impulsion de l'ancien président communiste, Hervé Bramy, s'était laissé tenter par des « swaps », des prêts structurés (lire édition du 17 octobre), dont le taux d'intérêt est garanti plusieurs années à un niveau faible avant de pouvoir fluctuer selon des critères imprévisibles. En l'occurrence le taux de change du yen, du dollar ou encore du franc suisse.

Concrètement, le remboursement de 22 millions d'euros annuels pourrait monter à 39 millions à partir de 2011 si les conditions sont mauvaises. Soit 17 millions d'euros de perdus chaque année. « L'équivalent de la construction d'un collège », se désole Claude Bartolone, qui a demandé aux services du département de renégocier les prêts, notamment auprès de la banque Dexia. Laquelle se dit à la disposition de son client.