Le Salon qui drague les Franciliens

Charles Centofanti - ©2008 20 minutes

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Ils débarquent à Paris pour attirer les Franciliens en province. Les recruteurs de soixante entreprises basées en dehors de l'Ile-de-France participent aujourd'hui au premier Salon Provemploi (lire encadré). En dépit de la crise financière, ils viennent avec 20 000 postes. Leur cible ? « Les cadres d'Ile-de-France, actifs et ayant déjà fait leurs preuves. »

Le concept a été imaginé par Antoine Colson, 26 ans, diplômé d'HEC, et Edouard Chaba­non, 30 ans, diplômé de l'ESC Chambéry. « En plus de notre expérience, on a constaté, il y a un an, une demande forte des jeunes pros franciliens souhaitant travailler en province », explique Antoine Colson. Une étude de l'Insee achève de les convaincre : 200 000 Fran­ciliens s'exilent chaque année en région. « Après quelques années d'expérience dans la capitale, les jeunes couples cherchent plus de confort. »

Hervé Bouche, manager recrutement chez Noz, entreprise spécialisée dans le déstockage près de Laval (53), vient ainsi capter de nouveaux collaborateurs. « Notre bassin d'emploi n'est pas extensible, on est en déficit de talents. » Pour les trouver, le message de séduction est rodé : « S'ils peuvent renoncer aux salles de concert comme le Trabendo ou la Boule Noire, on offre une vraie qualité de vie ! Pour le prix d'un 60 m2 à Paris, ils auront une maison avec 3 000 m2, à 30 minutes de Rennes. » Quant à l'écart de salaire, de 6 à 7 % entre Paris et la province, selon les organisateurs, « il est entièrement compensé par le pouvoir d'achat », assure Antoine Colson.