« Un pont entre le 16e et les quartiers »

Recueilli par Charles Centofanti - ©2008 20 minutes

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Rost

Rappeur et président de l'association Banlieues actives.

Enfant des lieux bannis vient de sortir. Un livre de plus sur la banlieue ?

Je préfère parler de quartier populaire. Beaucoup de sociologues ont écrit sur le sujet mais peu de gens issus des quartiers. Je me sers de mon parcours pour expliquer ce qui pousse les jeunes à déraper. C'est un livre contre les préjugés, le déterminisme et la désocialisation. Un pont entre le 16e et les quartiers populaires.

Pourquoi ce sentiment si fort d'appartenance à un quartier ?

Toute notre jeunesse, on cherche une seule chose dans les quartiers : exister, être quelqu'un. C'est tout bête, mais cette revendication territoriale fait partie de la volonté d'être reconnu.

Vous expliquez aussi pourquoi certains sifflent la Marseillaise.

Je n'excuse pas, mais je comprends. La place qu'on donne à ces jeunes ne leur permet pas de se sentir français. Si on ne donne pas de boulot à Karim ou Mohamed, quel est le message ? La majorité d'entre eux sifflent l'hymne national alors qu'ils n'ont jamais mis les pieds dans le pays d'origine de leurs parents.

Quel avenir voyez-vous pour les banlieues de Paris ?

L'important, c'est de les dés­enclaver et d'améliorer les transports pour aller au boulot et profiter des loisirs. Après, les histoires de découpage de territoires, pour pouvoir dire qu'à tel ou tel endroit on est du Grand Paris, c'est de l'esbrouffe.

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