Paris: Centres de soins, défibrillateurs… La stratégie de la ville en matière de santé au cœur du débat
SOCIETE L’exécutif parisien dévoile au Conseil de Paris, qui s’ouvre ce mardi, sa politique de santé. Certains élus pointent d’ores et déjà une « vision dépassée »
Une offre de santé « accessible » ou encore une « meilleure articulation » des différents acteurs du soin… L’exécutif parisien dévoile au Conseil de Paris, qui s’ouvre ce mardi, sa politique de santé. Toutes les santés, qu’elles soient environnementale, scolaire, sexuelle ou encore auprès des usagers de drogue, annonce-t-on à l’hôtel de ville. « Nous voulons que la ville soit pilote sur les questions de santé pour avoir une politique de santé publique qui prenne en charge tout le monde », explique Anne Souyris, adjointe à la maire de Paris chargée de toutes les questions relatives à la Santé et aux relations avec l’AP-HP. Ce plan est censé s’articuler autour de l’amélioration de l’état de santé de la population et la réduction des inégalités, alors que la ville se félicite de certaines avancées.
« Paris, ville où les chances de survie à une mort subite sont les plus élevées »
La ville se réjouit de disposer d’espaces publics plus favorables à la santé et être en mesure de maintenir une certaine « offre ». La capitale compte dix centres municipaux avec 170 professionnels de santé qui dispensent des soins médicaux, paramédicaux, dentaires et de radiologie de secteur 1, pour tous les assurés sociaux. A noter que la ville compte aussi 59 centres de protection maternelle infantile (PMI) des centres de dépistage et de vaccination. « Nous avons maintenu une offre de santé sans dépassement d’honoraires pour les Parisiennes et Parisiens en modernisant ces centres », note-t-on à l’hôtel de ville. Concernant, les situations d’urgence la mairie veut augmenter les défibrillateurs.
Alors que la ville compte actuellement 500 défibrillateurs, la maire compte en déployer 2000, d’ici à 2021. Grâce à l’installation de défibrillateurs dans les lieux recevant du public, mais aussi dans l’espace public, accessible 24/24, « Paris devient la ville de France où les chances de survie à une mort subite (arrêt cardiaque et respiratoire brutal) sont les plus élevées », note-t-on. De 5 % avant 2010, la survie atteint aujourd’hui les 20 % dans la capitale, un chiffre qui pourra encore s’améliorer avec le déploiement des défibrillateurs devant les pharmacies qui permettront aux Parisiennes et Parisiens d’accéder à un matériel de ce type en moins de trois minutes. La stratégie de santé de la mairie – qui évoque également le plomb, les salles de consommation à moindres risques ou encore les perturbateurs endocriniens – va être débattue au Conseil de Paris. Mais pour certains élus, le plan global ne va d’ores et déjà pas assez loin.
« Une politique sous-dimensionnée et une vision dépassée »
Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du groupe LRI (Les Républicains et Indépendants) se dit très perplexe et évoque « une politique sous-dimensionnée et une vision dépassée ». « Outre l’impasse faite sur la crise sanitaire à Paris, cette communication ne fait aucun bilan sérieux sur un sujet pourtant déclaré prioritaire pour l’exécutif : la réduction des inégalités en matière d’accès aux soins », explique-t-elle, rappelant que « Paris manque de médecins généralistes et particulièrement de médecins exerçant en secteur 1 »« C’est un débat qui vient un peu tard », déplore Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe PCF au Conseil de Paris, et regrette l’absence de sujets comme l’accès au soin en urgence, la psychiatrie et les centres de santé. Le groupe va demander que la ville mette en place un centre de santé par arrondissement ouvert 7 jours 7 « afin de permettre aux services d’urgences de fonctionner dans de meilleures conditions ».
Enfin les Radicaux de Gauche comptent eux remettre un sujet au goût du jour : une mutuelle parisienne. En 2016, le groupe avait fait voter une proposition de délibération pour l’accès à une complémentaire santé pour tous les Parisiens et les Parisiennes. A l’époque le groupe estimait à 300.000 le nombre de personnes non couvertes par une complémentaire santé. Votée à l’époque, la proposition n’avait pas abouti. L’occasion, ce mardi, de la remettre sur le tapis.