Paris: « Oui, on est au courant des règles, mais... », que donne l'entrée des trottinettes dans le code de la route?

SOCIETE Un indice : 5.007 trottinettes électriques verbalisées à Paris depuis le début de l’année

Romain Lescurieux

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Deux usagers sur une trottinette électrique, c'est interdit !
Deux usagers sur une trottinette électrique, c'est interdit ! — Mario FOURMY/SIPA
  • Vendredi 25 octobre, un décret publié au Journal officiel a intégré les trottinettes électriques et autres « engins de déplacement personnels motorisés » au code de la route.
  • Contactée par 20 Minutes, la mairie de Paris indique que depuis le début de l’année jusqu’au 31 octobre, 5.007 trottinettes ont déjà été verbalisées par la ville. 

Un homme remonte un boulevard parisien sur une trottinette. Équipé d’un casque, il roule à allure raisonnable sur une piste cyclable. Une conduite dans les clous. Plusieurs mois après sa réglementation par la mairie de Paris et deux semaines après l’entrée de la trottinette électrique dans le code de la route, la capitale commence-t-elle à apercevoir la fin du tunnel et de l’anarchie de ces engins qui ont investi depuis juin 2018 l’espace public parisien ? La route semble encore longue.

« Je suis au courant pourtant qu’on ne peut pas monter à deux »

Ils remontent une rue, sans casque, à deux sur une trottinette. « Je suis au courant pourtant qu’on ne peut pas monter à deux dessus », rigole Pierre, gêné. « Oui, on est au courant des règles, mais c’était un petit trajet. J’évite habituellement. Mais le casque par contre, je ne sais pas si oui ou non on doit en porter un », s’interroge son amie, Juliette. Dans le cas de Pierre et Juliette, ils auraient pu écoper d’une amende de 35 euros pour être montés à deux sur cette trottinette électrique. Les engins de déplacement personnel motorisés ne peuvent transporter qu’un conducteur « âgé d’au moins 12 ans », prévoit le décret. Vitesse limitée, circulation interdite sur les trottoirs, une personne par engin, âge minimum de 12 ans… les règles sont en effet depuis peu inscrites dans le marbre.

Vendredi 25 octobre, un décret publié au Journal officiel a intégré les trottinettes électriques et autres « engins de déplacement personnels motorisés » au code de la route afin d’encadrer leur usage, comme le souhaitait la Ville de Paris. Mais d’autres situations sont passibles de contraventions qui peuvent être beaucoup plus élevées.

5.007 amendes

Conduire un engin construit pour dépasser 25 km/h est par exemple passible de 1.500 euros d’amende (3.000 euros en récidive). Par ailleurs, finis, les slaloms sur les trottoirs au milieu des piétons : les conducteurs d’«engins de déplacement personnel motorisés» (EDPM) « doivent circuler sur les bandes ou pistes cyclables », sous peine de 135 euros d’amende. En l’absence de piste cyclable, ils peuvent emprunter les routes limitées à 50 km/h ou moins. Enfin, concernant le casque, il est fortement conseillé mais pas obligatoire. Et le port des écouteurs est interdit.

A noter que Paris – où on dénombre environ 15.000 trottinettes électriques – le stationnement est interdit sur les trottoirs, sur les aires piétonnes et sur la chaussée depuis un arrêté de la Maire de Paris, publié le 30 juillet 2019 au bulletin officiel de la ville. La mairie de Paris a aussi limité dès cet été la vitesse des trottinettes électriques à 20 km/h (8 km/h dans les aires piétonnes). Et a indiqué maintenir ces dispositions, jugeant le décret du code de la route comme « un recul pour les droits des piétons », selon l’adjoint aux Transports Christophe Najdovski (ex-EELV). Mais une répression existe-t-elle réellement ?

Contactée par 20 Minutes, la mairie de Paris indique que depuis le début de l’année jusqu’au 31 octobre, 5.007 trottinettes ont été verbalisées par la Direction de la Prévention, de la Sécurité et de la Protection (DPSP). 4.521 pour stationnement gênant et et 486 pour circulation sur le trottoir. Du côté des constructeurs, on prend les devants.

« Nous souhaitons aller encore plus loin que la loi »

« La loi vient apporter un cadre juridique nécessaire et participe de facto à la normalisation des trottinettes électriques en libre-service dans l’espace public. Pour autant, cela doit aller plus loin et nous entendons continuer de travailler main dans la main avec les municipalités, notamment Paris », affirme à 20 Minutes  Arthur-Louis Jacquier, DG de Lime Paris.

Jusqu’ici, Lime prenait à sa charge le règlement de l’amende et ne répercutait pas le prix sur ses utilisateurs. Mais aujourd’hui, dans le cas où une trottinette serait mise en fourrière ou signalée par les autorités pour mauvais stationnement, l’amende devra être réglée par le dernier utilisateur. Pour ce faire, Lime vérifie le positionnement du véhicule grâce au numéro de la trottinette ainsi que la photo prise par l’utilisateur à la fin de son trajet, permettant d’assurer le verrouillage de cette dernière.

« Sur les règles de stationnement en particulier, nous souhaitons aller encore plus loin que la loi et mettons d’ores et déjà tout en œuvre pour que chaque utilisateur gare sa trottinette dans les espaces dédiés : amendes, parkings indiqués dans l’application, patrouille urbaine et fluviale, formations gratuites », prévient Arthur-Louis Jacquier. Et de préciser : « Nous observons déjà les effets positifs des mesures que nous avons mis en place ».