Municipales 2020 à Paris: Le candidat Pierre-Yves Bournazel veut « doubler le nombre de caméras »

POLITIQUE Le député Agir de Paris et candidat aux municipales de 2020 dévoile pour «20 Minutes» ses mesures en faveur de la sécurité à Paris

Propos recueillis par Romain Lescurieux

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 Le depute (Agir) de Paris Pierre-Yves Bournazel en marche pour la Mairie de Paris.
Le depute (Agir) de Paris Pierre-Yves Bournazel en marche pour la Mairie de Paris. — ERIC DESSONS/JDD/SIPA
  • Le député Agir de Paris et candidat aux municipales de 2020 – qui a créé début juin le groupe 100 % Paris – dévoile ses propositions en matière de sécurité.
  • Il souhaite notamment doubler le nombre de caméras dans la capitale et réitère sa proposition de création d’une police municipale.

C’est la semaine de la sécurité pour certains candidats à la mairie de Paris. Alors que Benjamin Griveaux (LREM) a annoncé mardi vouloir doter la ville de 5.000 policiers municipaux « formés », « armés d’arme de poing » et « dotés de caméras piétons », c’est au tour de Pierre-Yves Bournazel de se lancer. Le député Agir de Paris et candidat aux municipales de 2020 – qui a créé début juin le groupe « 100 % Paris » - dévoile ses propositions en matière de sécurité. Vidéoprotection, police municipale, travail d’intérêt général… Il revient pour 20 Minutes sur ses mesures.

Pourquoi souhaitez-vous augmenter le nombre de caméras dans la capitale ?

La vidéoprotection ne remplacera jamais les gardiens de la paix. Mais c’est un outil indispensable et pragmatique d’identification et de simplification du travail des policiers et des enquêteurs pour mieux assurer leur travail au quotidien. Face aux crimes et délits en hausse, il faut amener des solutions pour le travail de la police. Paris dispose aujourd’hui de 2,5 fois moins de caméras que Lyon, rapporté à la population.

Concrètement, cela donne quoi en chiffres ?

Actuellement, il y en a 1.300. Je souhaite doubler ce nombre. Bertrand Delanoë en avait installé 984 entre 2008 et 2014. Anne Hidalgo en a installé seulement 165 de plus. Il faut rattraper ce retard. Cela va permettre d’identifier les délinquants, les criminels et assurer les enquêtes de manière plus efficace et plus rapide. C’est un outil utile contre les cambriolages aussi. Mais cet outil est un aboutissement. Il faut surtout un vrai maillage de la police nationale, avec une présence de la police municipale pour les tâches du quotidien.

« Les différentes études conduites à l’étranger, notamment au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Australie, ne démontrent pas globalement l’efficacité de la vidéosurveillance de la voie publique », estimait la Cour des comptes dans un rapport de 2011. Que répondez-vous ?

Je n’en fais pas un outil idéologique mais pragmatique, il est ancré dans le quotidien des policiers. Je souhaite simplement mieux mailler l’espace public, notamment les parcs et jardins dans lesquels il y a des problèmes. Et on sera très loin de ce qui se fait aux États-Unis ou à Londres. On ne peut pas accepter qu’à Paris le nombre de cambriolages explose. Le renforcement du nombre de caméras permettra d’endiguer la chute de 36 % des crimes et délits d’élucidation entre 2012 et 2017 ou encore de mieux sanctionner les dépôts sauvages. Enfin, il existe une charte et un comité d’éthique. Je suis attaché aux libertés publiques et individuelles.

Plus globalement, comment comptez-vous améliorer la sécurité à Paris ?

Je veux être le maire de Paris qui assume de produire de la sécurité et de la tranquillité. La situation s’est dégradée à Paris. Trop longtemps, il y a eu un affrontement entre la maire de Paris qui n’a pas souhaité s’impliquer dans ce domaine de la vie quotidienne, et la préfecture de police. Enfin, depuis 2013, je formule cette proposition d’une création d'une police municipale qu’il faudra former pour agir contre les incivilités, la dégradation de l’espace public et la petite délinquance. L’objectif est d’avoir d’ici à la fin de la première année du mandat 1.000 véritables policiers municipaux formés. Je souhaite aussi que la ville devienne compétente sur la totalité des troubles de voisinage.

En octobre, le Sénat a rejeté la création d’une police municipale à Paris. Comment comptez-vous vous y prendre ?

Aujourd’hui, la police municipale d’Anne Hidalgo n’existe pas. Il faut changer la loi. c’est une réforme d’importance qui ne peut se faire au détour d’un amendement. Il faut être concret, pragmatique. Enfin, il faut aussi des antennes de la police municipale dans chaque arrondissement. Et une ligne directe avec un numéro unique pour cette police. Ce sera le 7517.

Le candidat LREM, Benjamin Griveaux, veut doter la ville de 5.000 policiers municipaux – contre 3.200 actuellement – « formés », « armés d’arme de poing » et « dotés de caméras piétons ». Quelles différences avec votre projet ?

J’ai proposé la mise en place d’une police municipale à pied, à vélo et équestre en 2013. J’ai travaillé avec des associatifs, des citoyens et des experts à sa création. Comme élu du 18e, j’ai vu sa nécessité. Celui qui porte l’idée depuis plusieurs années et qui a travaillé avec détermination et constance n’est peut être pas le plus mal placé pour la mettre en œuvre. Mais la police municipale ne saurait résumer la politique de sécurité. Je propose de renforcer la prévention et la lutte contre la récidive avec un dispositif innovant de travail d’intérêt général:« tu casses, tu répares, tu salis, tu nettoies » afin de responsabiliser ceux qui dégradent l’espace public.