Paris: Centre européen du judaïsme, restaurants casher… Le 17e, arrondissement « dynamique » pour les juifs

SOCIETE Emmanuel Macron a inauguré mardi soir le Centre européen du judaïsme, place de Jérusalem, dans le 17e arrondissement

Romain Lescurieux et Caroline Politi

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Le Centre européen du judaïsme situé place de Jérusalem (17e)
Le Centre européen du judaïsme situé place de Jérusalem (17e) — R.LESCURIEUX / 20Minutes
  • Emmanuel Macron a inauguré mardi soir à Paris le nouveau Centre européen du judaïsme (CEJ), vaste ensemble culturel et religieux.
  • Ce centre est situé dans le 17e arrondissement, un quartier avec une « communauté juive dynamique ».

Le tapis rouge est doucement déroulé, alors que des agents de la ville de Paris s’affairent à débarrasser les ultimes feuilles mortes. Quelques heures plus tard, c’est la consécration. Après quatre années de travaux, le centre européen du judaïsme (CEJ) ouvre ses portes. Ce vaste ensemble culturel et religieux, situé sur la récente place de Jérusalem (17e) et qui se veut un « lieu d’échanges » et une « vitrine du judaïsme européen » a été inauguré ce mardi par le président Emmanuel Macron

A deux pas du périphérique, cet espace de 5.000 m² concentre une synagogue de 600 places, des salles de spectacle, de conférence ou encore d’exposition. Le projet « a pour ambition d’être le plus grand centre culturel du judaïsme en Europe », note l’Elysée. Pour Joël Mergui, président du Consistoire, l’instance représentative du judaïsme qui porte ce projet depuis plus de dix ans, c’est un atout dans la « lutte contre l’antisémitisme ». Et ce, après « les années troubles de 2012 et 2015 », avec l’attentat perpétré par Mohamed Merah dans une école juive à Toulouse en 2012, et la prise d’otages de l' Hyper Casher dans l'est parisien en 2015. Et une ouverture qui fait sens dans un 17e arrondissement souvent dépeint comme le nouvel « eldorado » ?

« Il n’existe pas de statistiques »

Chez Baba, restaurant casher, à deux pas du centre, les allers et retours n’arrêtent pas. Au menu : Brick, boulettes makbouba ou encore poisson haimi. A table, David, 28 ans, travaille dans le 17e. De confession juive, il se réjouit de l’ouverture du centre. « C’est très riche et très dynamisant pour le 17e, ça va beaucoup apporter à la communauté juive notamment d’ici », explique celui pour qui cette ouverture va dans la continuité de l’émancipation de cette communauté dans le quartier.

« Nous avons entre 37.000 et 41.000 personnes de confession juive sur 173.000 habitants », « c’est la plus importante communauté de France et même d’Europe », expliquaient récemment dans les médias, le maire du 17e Geoffroy Boulard et son adjointe Murielle Gordon-Schor, en charge notamment de la mémoire et vice-présidente du consistoire israélite de Paris. Ils estiment qu’un habitant sur quatre dans le 17e est de confession juive.

Mais d’où vient ce chiffre alors que la loi française interdit les statistiques ethniques ? « Il n’existe pas de statistiques pour dire que tel ou tel arrondissement est celui avec le plus de juifs », indique-t-on au sein de l’Agence juive, contactée par 20 Minutes. « Ces chiffres ne sont pas officiels. C’est une estimation que nous donne le Consistoire. Ça donne une tendance », reprend auprès de 20 Minutes Geoffroy Boulard, qui note néanmoins un « important dynamisme » dans le quartier.

« Un arrondissement dynamique »

« Nous avons une communauté juive importante depuis une trentaine d’années depuis la première synagogue qui a vu le jour rue Galvani », reprend le maire. Depuis, le quartier compte quinze lieux de culte, de nombreux restaurants casher, et une communauté disparate avec « des libéraux, des loubavitch ». Pour ce qui est de la situation du centre cela relève davantage d’une « opportunité immobilière et foncière », précise le maire. Et surtout, selon lui, « cette communauté se sent bien dans l’arrondissement. Notamment en sécurité ».

Contacté par 20 Minutes, Sammy Ghozlan, président du Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme ( BNVCA) abonde. « La plupart des gens qui quittent la banlieue cherchent à s’installer dans des arrondissements dans lesquels ils se sentent en sécurité, notamment dans l’ouest de la capitale ou les Hauts-de-Seine. Comme le 16e est saturé et très cher, le 17e arrondissement est de plus en plus prisé », commente-t-il. Et de préciser : « C’est toujours pareil, plus un arrondissement est prisé, plus il est dynamique au niveau de la communauté et donc il attire du monde. C’est un cercle vertueux ».