Municipales 2020 à Paris : Quelle est la stratégie d’Anne Hidalgo ?

POLITIQUE Anne Hidalgo ne devrait pas annoncer sa candidature à sa succession avant « décembre, janvier », mais ses proches, soutiens et militants s’activent comme jamais

Romain Lescurieux

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La maire de Paris, Anne Hidalgo, dans son bureau le 24 juin 2019.
La maire de Paris, Anne Hidalgo, dans son bureau le 24 juin 2019. — KAMIL ZIHNIOGLU / Sipa pour 20 Minutes
  • A cinq mois des élections municipales, le plan de bataille se structure du côté de la maire sortante.
  • « Paris en commun », plateforme citoyenne proche de la maire sortante, a présenté mardi ses 13 premières têtes de liste pour les municipales de mars 2020.
  • Anne Hidalgo ne sera pas tête de liste dans un arrondissement, contrairement à 2014 où elle avait mené la liste PS dans le 15e arrondissement.

Le camp d’Anne Hidalgo s’active. A cinq mois des élections municipales, le plan de bataille se structure du côté de la maire sortante. Même si elle a récemment estimé que « le temps de la campagne » et de sa propre candidature aux municipales de mars dans la capitale n’était « pas encore venu », son entourage et ses soutiens, eux, se mettent en branle et s’organisent pour lui dérouler le tapis rouge le moment venu. Soit « en décembre, janvier », souffle-t-on à nouveau dans son entourage.

« Mais la stratégie monte en puissance », note son premier adjoint, Emmanuel Grégoire et tête de liste dans le 12e arrondissement. « Paris en commun », têtes de listes par arrondissement20 Minutes décortique la stratégie de la maire sortante, Anne Hidalgo, et de ses proches, alors que la maire du 20e, Frédérique Calandra, élue avec l’étiquette PS en 2014, a rejoint Benjamin Griveaux (LREM).

Ne plus mettre en avant l’étiquette PS

Le parti, c’est fini. Place à « Paris en commun ». Ce mouvement se présente comme une « plateforme citoyenne qui souhaite promouvoir les réflexions et les idées qui permettront de relever les grands défis du 21e siècle à travers la mobilisation de tous les citoyens et de toutes les citoyennes ». Le spectre du mouvement est assez large : des adjoints, des maires sortants, des membres de la société civile, des élus socialistes, de groupes politiques de gauche, des écolos comme des élus tentés un temps par les Marcheurs. « De plus en plus de gens ne souhaitent plus passer par les appareils politiques. Les modèles d’engagement ont évolué, avec une étiquette politique qui s’est beaucoup épuisée. Et Paris en commun est mouvement sans adhésion », note Emmanuel Grégoire.

Placer en première ligne la société civile, des jeunes, des porte-paroles

« Paris en commun » a présenté mardi ses 13 premières têtes de liste pour les municipales de mars 2020. On y trouve sept maires sortants. Se voulant ouverte à la société civile, la plateforme a également choisi Eric Pliez, président du Samu social de Paris, comme tête de liste dans le 20e arrondissement. Présentée par certains du mouvement comme « la nouvelle Anne Hidalgo » Anouch Toranian, 28 ans, directrice de la branche française d’une ONG œuvrant au développement de l’Arménie, mènera elle la liste « Paris en commun » dans le 15e arrondissement, fief de la droite.

Par ailleurs, une première vague de porte-parole du mouvement va être mise en place rapidement : Célia Blauel, actuelle adjointe à la maire de Paris chargée de la Transition écologique, Audrey Pulvar qui figurera sur la liste dans la zone Paris-Centre, Jean-Louis Missika, président de « Paris en commun » et Jean-François Martins, adjoint au sport. Le but : défendre et riposter. « Ils répondront avec plus de vigueur aux critiques venant de nos adversaires », précise Emmanuel Grégoire. Puis des porte-paroles sur des thématiques seront également déployés sur des sujets comme le logement, l’éducation. Enfin, quatre têtes de liste doivent encore être désignées (6e, 7e, 9e, 16e). Les cadres de « Paris en commun » promettent des surprises, de la jeunesse et encore une fois des gens de la société civile.

Ne pas être tête de liste dans un arrondissement

Anne Hidalgo ne sera pas tête de liste dans un arrondissement. La décision a été arrêtée récemment. Selon Emmanuel Grégoire, « c’est conforme à l’histoire ». « A l’exception d’Anne Hidalgo en 2014 (dans le 15e arrondissement), jamais un maire de Paris n’a été tête de liste d’arrondissement. Et ce, pour une raison pratique. Etre tête de liste impose des contraintes juridiques et administratives non négligeables. Enfin, une tête de liste doit porter cette liste territorialement. Et cela demande du temps. Or quand on est maire de Paris et qu’on a vocation à le rester, on doit pouvoir se balader partout dans Paris et là où c’est utile », commente-t-il. Elle pourrait donc être numéro 2 sur une liste. Le 11e arrondissement régulièrement évoqué pourrait être cette option.

Rentrer la dernière dans l’arène

« Anne Hidalgo doit être la dernière personne à rentrer dans l’arène », déclarait Jean-Louis Missika en mai. Un leitmotiv qui reste bien ancré chez les troupes. « Elle a encore des choses à dire et à faire en tant que maire de Paris », dit à nouveau le président du mouvement. « On a deux avantages immenses : Anne Hidalgo ne souffre d’aucune concurrence de leadership dans notre espace politique. Et nos concurrents sont dans un univers extrêmement fragmenté donc elle n’a aucun intérêt à se mêler de tout ça, alors que c’est un immense bazar », commente le premier adjoint. En attendant, les cadres, soutiens et militants s’activent pour être opérationnels le jour J.

Retrouvez, en mars 2020, les résultats des élections municipales à Paris.