Municipales 2020 à Paris: « On joue la survie de la droite à Paris »... Les Républicains toujours dans le flou

POLITIQUE La commission nationale d’investiture (CNI) doit trancher fin octobre pour désigner le candidat LR pour les élections municipales à Paris. Un choix déjà fait? Certains menacent de jeter l’éponge

Romain Lescurieux et Thibaut Le Gal

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Le logo Les Républicains
Le logo Les Républicains — SIPA PRESS
  • Christian Jacob a été désigné président des Républicains avec 62,58 % des voix. Son premier chantier: Désigner avec la CNI un candidat pour les élections à Paris.
  • Trois candidats sont en lice: Rachida Dati (maire du 7e), Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du groupe LRI (Les Républicains et Indépendants) à l’Hôtel de Ville, et Jean-Pierre Lecoq (maire du 6e).
  • Rachida Dati fait figure d’ultra-favorite mais des voix s'élèvent. 

Suspendu dans le flou. La semaine dernière, dans les rangs de la droite parisienne, le temps était comme arrêté. « On entend parler de tout et de rien, l’horloge tourne et on ne sait pas où on va » se désespérait-on dans les couloirs de l’hôtel de ville. L’ultime espoir résidait alors dans une date, un homme. Soit le 13 octobre et l’élection du nouveau patron des LR pour relancer un parti en crise profonde après deux années de délitement. « Il ne faut pas oublier qu’il y a encore des gens qui votent à droite à Paris », tentait-on de se rassurer sur les bancs la droite parisienne, qui après avoir abandonné le visuel et les couleurs de la maison mère, se cherche et s’autogère depuis des mois.

Verdict : Christian Jacob a été désigné président des Républicains avec 62,58 % des voix. Fraîchement élu, il a appelé ce lundi son parti à se mobiliser pour les municipales de mars 2020 pour « rester majoritaire sur les territoires ». De quoi relancer la bataille pour Paris à cinq mois des élections ? « C’est l’acte 1 de sa présidence », réagit Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du groupe LRI (Les Républicains et Indépendants) à l’Hôtel de Ville.

« Ce qui se joue en mars, c’est la survie de la droite à Paris »

Dans la capitale, le chant des Marcheurs a évidemment redistribué les cartes. Delphine Bürkli, maire du 9e (ex-LR) a rejoint les rangs de Benjamin Griveaux. Une prise de guerre symbolique. « Idéologiquement, elle reste avec nous. Franchement, Benjamin Griveaux ne connaît rien aux dossiers parisiens », nuance-t-on à droite. Les maires Philippe Goujon (15e), Jean-François Legaret (1er) et Florence Berthout (5e) ont eux décidé de quitter la formation politique au profit du candidat Macron-compatible de la droite, Pierre-Yves Bournazel (100 % Paris). « Il voulait rassembler de la gauche à la droite, mais il n’a réussi à attirer que des anciens LR historiques », balance-t-on dans l’ancien camp de « PYB ». « Et Florence Berhtout continuera d’aller là où le vent souffle », ricane-t-on.

« La droite est dans une situation compliquée, des bastions historiques ont basculé chez en Marche aux dernières élections, comme le 15e ou le 7e. Ce qui se joue en mars, c’est la survie de la droite à Paris », résume auprès de 20 Minutes, Agnès Evren, députée européenne, présidente de la Fédération LR de Paris. Et c’est dans ce contexte, que la droite doit se trouver un candidat pour Paris et afficher 17 listes LR en mars prochain. Pour ce faire, la commission nationale d’investiture (CNI) doit se rassembler fin octobre pour trancher entre les candidats à l’investiture : Rachida Dati (maire du 7e), Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du groupe LRI (Les Républicains et Indépendants) à l’Hôtel de Ville, et Jean-Pierre Lecoq (maire du 6e).

	Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e arrondissement de Paris.
Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e arrondissement de Paris. - SIPA PRESS

Un candidat à la fin du mois

D’abord évoquée par certains, l’idée de primaires ouvertes a vite été écartée, mais d’autres continuent de demander des primaires fermées. « Il faut faire la même chose que pour la présidence des LR et faire voter les adhérents », prône la chiraquienne Marie-Claire Carrère-Gée. « La primaire, c’est une arme de destruction massive, ça divise. La droite à Paris n’a pas besoin de ça, car la division est déjà notre talon d’Achille, ce pourquoi on perd à Paris », répond Agnès Evren. Tout repose donc sur la CNI et Christian Jacob qui trancheront. Aucune date précise n’est arrêtée mais les membres de la CNI doivent s’y pencher ces prochains jours. En tout état de cause le nom sera connu à la fin du mois. Du côté des modalités, ça reste vague.

Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du groupe LRI à l’hôtel de Ville
Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du groupe LRI à l’hôtel de Ville - SIPA PRESS

« On peut envisager d’auditionner les candidats, comme on a fait pour Strasbourg ou Lyon. Mais il faut avancer vite, donner à notre futur candidat la possibilité de faire campagne », explique Valérie Debord, vice-présidente de Grand Est, membre de la CNI à 20 Minutes. Sur ce point, tout le monde est d’accord pour aller vite. Pas trop non plus.

« Rachida Dati a la préférence des militants parisiens »

Soutenue par Christian Jacob, Rachida Dati fait figure d’ultra-favorite. « Rachida Dati a dit qu’elle irait jusqu’au bout, vous en déduisez ce que vous voulez. On n’a pas attendu la CNI pour faire campagne, elle fait déjà des déplacements, des tables rondes, consulte des experts », explique-t-on dans son entourage. D’abord qualifiée de cavalière seule et peu soutenue par des membres du parti, Rachida Dati parvient à s’imposer. « Je pense que Rachida Dati a la préférence des militants parisiens. Elle a le punch, la pugnacité, la notoriété, pour faire exister LR à Paris. On a besoin de quelqu’un de son envergure, de dimension nationale. Vu sa personnalité, il peut y avoir un vrai match avec Hidalgo », commente Agnès Evren. De quoi faire rager les deux autres prétendants au poste.

Rachida Dati au Parc des Princes mercredi 18 septembre 2019
Rachida Dati au Parc des Princes mercredi 18 septembre 2019 - SIPA PRESS

Face à cette situation, Jean-Pierre Lecoq menace de jeter l’éponge. « La tambouille électorale, j’en suis revenu. Je ne suis pas une vierge effarouchée. Je vais me retirer si les cartes sont tirées à l’avance », indique-t-il à 20 Minutes. Marie-Claire Carrère-Gée veut, elle, continuer le combat avec transparence. « Il faut des auditions publiques. Les Parisiens méritent de savoir », dit-elle. Et après ? Propositions pour Paris, plan de bataille… La droite a tout à faire, à construire et un seul terrain d’entente : se rassembler pour battre Anne Hidalgo. Un cadre du parti se réjouit. « L’impopularité chronique de la maire actuelle ouvre le jeu ».