La fondation Abbé-Pierre s’alarme de la proportion de ménages pauvres qui « augmente deux fois plus vite » en Ile-de-France

MAL-LOGEMENT Selon la fondation Abbé-Pierre, 1,2 million de personnes sont mal logées en Ile-de-France. Pourtant, les Franciliens gagnent 26 % de plus que les autres Français mais la crise du logement paupérise un certain nombre d’habitants de la région

R.L.
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Clichy sous bois le 23 janvier 2014. Illustration du mal-logement
Clichy sous bois le 23 janvier 2014. Illustration du mal-logement — A. Gelebart / 20 Minutes
  • La fondation Abbé-Pierre publie ce mardi un rapport sur l’état du mal-logement en Ile-de-France.
  • Avec l’augmentation des loyers, les ménages pauvres du parc privé ont dû multiplier par deux la part de leurs ressources consacrées au logement, indique la fondation.
  • L’Ile-de-France concentre 33 % des habitants en bidonvilles, près de 34 % des demandes d’HLM et 41 % des expulsions locatives effectives.

Un cri d’alarme. « Tous les voyants sont au rouge et les évolutions ne laissent pas présager des améliorations », déplore Eric Constantin, directeur de l’agence régionale Ile-de-France de la fondation Abbé-Pierre qui publie ce mardi un rapport sur l’état du mal-logement en Ile-de-France. Une région où la proportion de ménages pauvres a augmenté deux fois plus vite qu’ailleurs. « Avec 1,2 million de personnes mal logées, la crise du logement semble insoluble en Ile-de-France, pourtant la région la plus riche du pays », note-t-on au sein de la fondation.

Le revenu moyen des ménages atteint 4.117 euros par mois en Ile-de-France. Mais la région, qui rassemble 18,2 % de la population française, concentre également 33 % des habitants en bidonvilles, près de 34 % des demandes d’HLM et 41 % des expulsions locatives effectives, selon la fondation, pour qui ces indicateurs tirés de son rapport annuel sur le mal-logement, sont « alarmants ».

Une location dans le parc privé est 52 % plus chère en Ile-de-France

« La proportion de ménages pauvres en Ile-de-France a augmenté deux fois plus vite qu’en France métropolitaine entre 2004 et 2012 », explique la fondation. « Et si le revenu moyen des Franciliens est plus élevé que le revenu moyen des Français de 26 %, une location dans le parc privé sera 52 % plus chère ». Conséquence, avec l’augmentation des loyers, les ménages pauvres du parc privé ont dû multiplier par deux la part de leurs ressources consacrées au logement (40,8 % en 2013 contre 20,1 % en 1988).

À l’heure où les politiques de l’habitat « peinent à se mobiliser pour les plus défavorisés et dans un contexte de baisse des financements publics, la fondation Abbé-Pierre souhaite remettre les personnes mal logées au cœur du débat », note-t-elle, et demande la construction de logements accessibles et la mise à disposition de logements sociaux.