Trois Papous en goguette à Paris

Alexandre Sulzer - ©2008 20 minutes

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Pas fous les Papous. Alors que « leur culture est menacée par la mondialisation, ils viennent l'exporter en Europe ». Maxime Rovere est fier de Kowspi, le père, et de ses deux fils, Chiphowka et Agatoak. Hier, le commissaire de l'exposition « Rouge Kwoma », qui ouvre demain au musée du quai Branly* (7e), accompagnait au palais de Tokyo (16e) ces trois artistes venus directement de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Une visite qui devait permettre de confronter les trois hommes - chefs de clan à Ambunti, un village de la jungle - à la « création contemporaine ». Entre les enregistrements vidéo avant-gardistes et un éléphant en toc, ils déambulent, mi-amusés, mi-surpris. Et commentent en anglais et en pidgin, sans sembler être trop déstabilisés.

Il y aurait pourtant de quoi l'être. A l'exception de Kowspi, qui a vécu quelques mois en compagnie d'un anthropologue en Californie, c'est la première fois qu'ils quittent leur pays. « Nous avions entendu parler de Paris, mais nous n'avions aucune idée de ce à quoi cela ressemblait », raconte Agatoak, emmitouflé dans un anorak depuis leur arrivée dans la capitale française, il y a dix jours. « Il y a énormément de maisons, de voitures, j'aime cet endroit », s'enthousiasme son père. « Globalement, ils se sont très vite faits à la ville, explique Maxime Rovere. Le grand choc a été la rencontre avec l'art. Ils ont été bouleversés par Notre-Dame et Beaubourg. Ils sentent la force des bâtiments. » Au tour des Parisiens de s'ouvrir à leurs chefs-d'oeuvre.