Paris: La ville s’attaque au plomb, une asso et l’opposition peu convaincues

SOCIETE La Ville de Paris a dévoilé mercredi soir son plan d’action contre la pollution au plomb dans la capitale

Romain Lescurieux

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Cathédrale Notre Dame de Paris après l'incendie.
Cathédrale Notre Dame de Paris après l'incendie. — Mario FOURMY/SIPA
  • La Ville de Paris a décidé de s’attaquer au plomb a travers un plan d’actions
  • L’association Robin des Bois, spécialisée dans la protection de l’Homme et de l’environnement, tient une conférence de presse sur le sujet.

Le plomb dans le viseur. Après l'incendie de Notre-Dame qui a en partie détruit la cathédrale le 15 avril dernier, plusieurs centaines de tonnes de plomb contenues dans la charpente de la flèche et la toiture ont fondu et se sont volatilisées sous forme de particules, laissant craindre des risques pour la santé. Des risques avérés. Cinq mois plus tard et notamment après le relevé de taux de concentration importants, la Ville de Paris a décidé de s’attaquer au plomb à travers un plan d’actions, aux abords de la cathédrale mais aussi plus globalement dans la capitale.

« Cet incendie nous a fait devenir des lanceurs d’alerte sur le sujet car nous nous sommes aperçus qu’il n’y avait pas de normes et que nous avions en face nous l’État qui avait beaucoup de mal à réagir, à communiquer et avoir une direction sur cette question », indique à 20 Minutes, Anne Souyris, adjointe à la maire de Paris chargée de toutes les questions relatives à la santé. Ce plan est ainsi déployé autour de cinq axes majeurs.

« La première collectivité en France à mettre en place des enquêtes »

Ce plan prévoit notamment de poursuivre et renforcer les tests et campagnes de nettoyage dans les lieux accueillant des enfants d’un âge inférieur à 7 ans : établissements de petite enfance, crèches, écoles, parcs et jardins. 60 établissements représentatifs vont aussi être testés dans les semaines qui viennent avec un nouvel instrument de mesure. La mairie compte également renforcer les dépistages du saturnisme par des actions de communication et d’information des médecins et des familles et renforcer le suivi des enfants dont la plombémie est comprise entre 25 et 50µg/litre de sang.

« Paris sera la première collectivité en France à mettre en place des enquêtes environnementales pour les enfants dont les prélèvements se situent dans le « seuil de vigilance » entre 25 et 50 µg/l. Actuellement, les consignes nationales établissent un seuil de Déclaration obligatoire pour lancer une enquête environnementale pour un taux égal ou supérieur de 50 µg/litre », note-t-on à l’Hôtel de ville. Celle-ci veut également poursuivre l’identification des sources de pollution au plomb dans l’ensemble de l’espace public parisien et renforcer les mesures de nettoyage et de dépollution appropriées. Et enfin participer au financement d’une étude épidémiologique indépendante avec le Centre Anti Poison et de Toxicovigilance de Paris et les agences sanitaires concernées.

« On savait qu’il y avait du plomb à Paris mais on ne percutait pas forcément l’important que ça pouvait avoir en termes de répercussions sanitaires », conclut Anne Souyris. De son côté, l’opposition municipale se dit peu convaincue.

« Ce sont des annonces cosmétiques »

« Il n’y a rien de nouveau dans ce plan. Ce sont des annonces cosmétiques », regrette auprès de 20 Minutes, Florence Berthout, la maire (ex-LR) du 5e arrondissement. « Personnellement, je souhaite qu’une cartographie évolutive soit mise en place avec tous les prélèvements et leur évolution. Cette cartographie doit être lisible et accessible à tous. Il faut également des analyses systématiques dans toutes les structures qui accueillent des enfants. Dans le 5e puis à l’échelle de l’ensemble de Paris », affirme-t-elle. Selon elle, « à ce stade, le plan de la mairie n’est pas à la hauteur de la réalité du terrain ».

Ce vendredi, l’association Robin des Bois, spécialisée dans la protection de l’Homme et de l’environnement, tient une conférence de presse sur le sujet. « Il y a beaucoup de choses à dire sur l’inaction de la ville depuis des années concernant le plomb. Nous ferons notamment part de nos inquiétudes », préviennent-ils.