Cergy-Pontoise : Un théâtre envahi par des plantes d’appartements

INSOLITE Près de 400 plantes s’installent à partir de vendredi prochain au Théâtre 95, à Cergy (Val-d’Oise) à l’occasion de l’installation « Garden State ». Des plantes apportées par les habitants du département

Juliette Desmonceaux

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Près de 400 plantes, prêtées par les habitants, seront installées au théâtre de Cergy.
Près de 400 plantes, prêtées par les habitants, seront installées au théâtre de Cergy. — Mamaza
  • Pour se faire prêter des plantes par des particuliers, les membres de la Nouvelle scène nationale de Cergy-Pontoise ont réalisé un porte-à-porte dans une vingtaine de communes.
  • Ces végétaux seront utilisés pour créer une « zone verte artistique éphémère » au Théâtre 95 de Cergy (Val-d’Oise), à partir de vendredi et jusqu’au 30 septembre prochain.
  • Des concerts, spectacles de danse, cours de yoga ou encore lectures de contes sont prévus au milieu de cet espace de nature recréé dans le théâtre. Une façon d’offrir un moment artistique et collectif dans un lieu « où on se sent bien ».

Un jardin créé avec des plantes d’appartement. Où ? Dans un théâtre de Cergy. L’idée paraît étonnante, c’est pourtant le projet qui ouvrira la saison artistique de la Nouvelle scène nationale Points Communs installée au Théâtre 95, dans la ville du  Val-d'Oise.

A partir de vendredi et jusqu’au 30 septembre, près de 400 plantes vont prendre leurs quartiers dans ce lieu artistique dans le cadre de l’installation Garden State-Jardin éphémère. Prêtées par des Val-d’Oisiens et des Val-d’Oisiennes, elles doivent permettre de créer un jardin qui sera aussi un « espace artistique ouvert » dans lequel les habitants du département et d’ailleurs pourront se retrouver.

Un porte-à-porte pour collecter les plantes

Un palmier nain, un framboisier ou encore des plants de tomates avec le bruit des oiseaux en fond sonore et une lumière semblable à celle du soleil. La salle Visconti du Théâtre 95 va bientôt se transformer en oasis de verdure. Après Madrid, Venise ou encore Buenos Aires, le chorégraphe Fabrice Mazliah arrive pour la première fois en France avec sa « Garden Team ».

Après avoir lancé un premier appel aux dons, les membres de Points Communs sont partis en petits groupes toquer directement aux portes dans une vingtaine de communes, de Cergy à Magny-en-Vexin, en passant par Osny. Ils ont été accueillis par des habitants souvent surpris, mais « la plupart du temps accueillants », explique Jasmine Lebert, directrice du développement à « Points Communs ».

Créer un « lieu intime et familier »

Concerts, rencontres, spectacles de danse et lectures de contes se succéderont pendant dix jours dans ce jardin éphémère. Différents ateliers seront également proposés au public : cours de yoga, sieste botanique ou encore découverte de la sophrologie sont notamment au programme. Une façon de créer un « espace communautaire où on peut apprendre des choses », assure Jasmine Lebert.

Des cours de yoga, de sophrologie ou encore de danse seront proposés au public.
Des cours de yoga, de sophrologie ou encore de danse seront proposés au public. - Mamaza

En demandant aux habitants de confier leurs plantes au théâtre l’espace de dix jours, les organisateurs de l’événement souhaitent impliquer directement les habitants du département au projet. L’ambition de Fabrice Mazliah, ainsi que des programmateurs de l’événement est d’abord de créer un « lieu intime et familier » dans lequel chacun « se sent bien », explique Jasmine Lebert, espérant attirer ainsi, en plus de leurs abonnés, « des gens qui ne fréquentent pas le théâtre ».

Chaque plante est équipée d’une étiquette avec son nom

L’objectif est aussi pour les organisateurs de sensibiliser le public de manière ludique au respect de l’environnement. Chaque plante hébergée au théâtre est ainsi équipée d’une étiquette sur laquelle est indiqué son nom. Celui-ci est donné par son propriétaire et est à chaque fois inspiré par une personne chère ou une anecdote afin de personnaliser le végétal a priori anodin.

« Les plantes ne sont pas qu’un objet », assure Jasmine Lebert. « C’est quelque chose d’intime avec lequel on crée un lien particulier. Un monsieur installé près de la forêt de Fausses-Reposes nous a par exemple donné une plante en nous expliquant qu’elle était transmise dans sa famille de génération en génération », raconte-t-elle. « Ça montre bien que les plantes sont chargées de nos vies. Dans le théâtre, ce week-end, on retrouvera 380 histoires », se réjouit-elle.