Le métro ouvert la nuit à Paris, une expérimentation à « 600.000 euros » par week-end

TRANSPORT Les commerces et établissements de nuits le demandaient depuis des années, Valérie Pécresse veut essayer de l’exaucer. Ce samedi 14 septembre, la région Ile-de-France va inaugurer l’ouverture des transports la nuit, une fois par mois jusqu’en mars 2020

Romarik Le Dourneuf

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La station Pasteur (15e) sera ouverte lors des «nuits festives» où les métros circuleront toute la nuit. (Illustration)
La station Pasteur (15e) sera ouverte lors des «nuits festives» où les métros circuleront toute la nuit. (Illustration) — ClÈment Follain / 20 Minutes
  • Valérie Pécresse veut « redynamiser une capitale saccagée » après les événements liés aux « gilets jaunes ». La présidente de la région Ile-de-France a décidé d’expérimenter l’ouverture toute la nuit du métro le week-end.
  • L’expérience a pour but de constater si les Parisiens adhèrent au dispositif et prolongent leurs nuits à travers la capitale.
  • L’organisation de la RATP (horaires décalés et embauches), le coût de l’opération (600.000 euros par nuit) et la gronde des riverains pourraient avoir raison des « Nuits festives » à terme.

A l’instar de New-York, Londres ou Barcelone, Paris se met au métro de nuit. Ce mardi, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, a présenté le projet intitulé « Nuits festives ». Annoncée en avril dernier, l’expérimentation qui débute ce samedi prévoit l’ouverture de six lignes de métro, trois lignes de tram et le renfort des lignes de Noctilien dans la capitale durant toute la nuit, une fois par mois de septembre à mars 2020.

A la demande des commerces et établissements touristiques, la présidente de la région a répondu par la positive dans le but de « redynamiser une capitale saccagée par les événements récents, et faire revenir les Franciliens à Paris la nuit », référence à peine voilée aux manifestations des « gilets jaunes ». Six dates ont été retenues pour le grand test, elles viennent s’ajouter à la Saint-Sylvestre et à la Fête de la musique qui bénéficient déjà de ce dispositif.

« Plus besoin de regarder sa montre de peur de rater le dernier métro », la communication diffusée sur Internet, dans les transports et commerces depuis le 10 septembre est claire, la région veut allonger les nuits parisiennes. Valérie Pécresse a insisté sur le côté expérimental de l’opération, qui doit trouver son public, un fonctionnement pérenne et faire face à des contraintes plus ou moins importantes.

Paris quadrillé

Les six lignes de métro choisies – 1, 2, 5, 6, 9 et 14 – et les trams T2, T3a et T3b doivent permettre de quadriller la majeure partie de la capitale. La ligne 4, particulièrement empruntée par les Parisiens et traversant la ville du nord au sud ne fait pas partie du dispositif en raison de travaux. Les métros assureront un service continu avec une fréquence d’un train toutes les dix minutes sur une cinquantaine de stations. Les trams se succéderont toutes les vingt minutes.

Les lignes de Noctilien seront également renforcées, les N01 et N02 qui sillonnent les rocades parisiennes circuleront à un intervalle de cinq minutes, les N43, N44 et N45 auront un intervalle de 15 minutes, comme la ligne N42 rejoint le Bourget. Enfin toutes les lignes de la grande couronne verront leur fréquence augmenter à un bus toutes les 30 minutes au lieu de 60 en temps normal.

Le choix des stations desservies n’est pas anodin puisqu’il est dû à un compromis entre les connexions et la sécurité exigée. Les petites gares sont donc privilégiées, comme Oberkampf au lieu de République ou Vavin à la place de la gare Montparnasse « pour donner un sentiment de sécurité, plus facile dans une petite station que dans un gros hub ».

Des contraintes à dépasser

D’ailleurs, 50 des 700 agents mobilisés par la RATP pour les « Nuits festives » seront chargés d’assurer la sécurité en station. Les personnels sont choisis dans un premier temps sur la base du volontariat. La présidente de la région a tenu à insister sur le coût de l’opération, « 600.000 euros par nuit », qui est important mais pas rédhibitoire « s’il répond à une demande ».

Si les nuits d’ouvertures venaient à trouver le succès, la RATP précise que sa charte interne prévoit 18 mois de négociations pour mettre en place une offre généralisée qui devrait dépasser le cadre du volontariat et impliquerait des embauches en horaires décalées. Une réorganisation complète devrait être mise sur pied pour pouvoir continuer les 400 travaux de rénovation et d’entretien effectués toutes les nuits. Par ailleurs, des enquêtes réalisées auprès des riverains font craindre de possibles nuisances sonores pour ceux qui vivent à proximité de trams ou de métros aériens. Le dispositif qui démarre ce samedi a six mois pour convaincre la région, la RATP, les commerces et surtout les Parisiens.