Trottinettes électriques à Paris : Près de 200.000 euros de frais de fourrière pour Lime

EN ROUE LIBRE Selon « Le Canard enchaîné », l’opérateur de trottinettes doit payer 200.000 euros de frais de fourrière pour récupérer plus de 200 engins

Sélène Agapé

— 

Un homme transporte plusieurs trottinettes pour aller les mettre en charge. Lime's.
Un homme transporte plusieurs trottinettes pour aller les mettre en charge. Lime's. — Mario-FOURMY/SIPA

Ô engins de la discorde ! Stationnement interdit, accidents, encadrement de la circulation… Les opérateurs de trottinettes électriques n’en finissent pas de rencontre des obstacles sur les routes de Paris. Le dernier en date selon Le Canard enchaîné : la sortie d’un véhicule d’une fourrière.

En effet, quand elles sont signalées comme gênantes sur les trottoirs, les trottinettes en libre-service sont enlevées et mises en fourrière. Pour récupérer leur engin, les opérateurs doivent régler 49 euros de frais de fourrière – par véhicule –, plus une amende de 35 euros (sauf si l’usager a été pris en flagrant délit et verbalisé par un agent), plus le montant de la garde journalière qui s’élève à une dizaine d’euros.

« 159 euros en moyenne par agent »

Pour la Ville de Paris, qui a durci le ton contre les trottinettes électriques, ces mesures visent à contrôler le stationnement des véhicules sur la chaussée et surtout responsabiliser et discipliner les entreprises de ce secteur. Pourtant selon Le Canard enchaîné, la politique répressive de la capitale ne porte pas ses fruits auprès des deux leaders du marché Lime et Bird, qui s’en « contre-tamponnent ».

« En moyenne, les opérateurs attendent 13 jours avant de venir récupérer leurs machines. Bird attend même 22 jours et Lime, son concurrent, laisse moisir depuis plusieurs mois un stock de 250 trottinettes à la fourrière », avance l’hebdomadaire satirique. Le journal révèle également que Lime ne se montre pas pressé de reprendre ses véhicules à cause de l’ampleur des frais de garde (« plus de 700 euros pièce ») qui « dépassent largement le prix de revient des véhicules [300 à 400 euros] ».

L’opérateur vert et noir se défend de ses accusations. « Notre intérêt c’est de récupérer nos trottinettes le plus vite possible. Cela nous coûte en moyenne 159 euros par engin. Au total, nous avons déjà récupéré en fourrière 859 trottinettes, pour la somme de 118.500 euros », assure Arthur-Louis Jacquier, général manager de Lime pour Paris au Parisien. Le patron de Lime explique que l’affaire des 250 véhicules abandonnés évoquée par Le Canard enchaîné porte sur « 206 trottinettes que l’on nous a signalées avec plusieurs semaines de retard ». « La facture s’élève à 197.864 euros, soit 1.300 euros par trottinette, c’est aberrant ! Tout ça parce qu’on ne nous a pas prévenus assez tôt qu’elles étaient là », ajoute Arthur-Louis Jacquier.

De plus, l’entreprise indique qu’elle est en cours de négociation avec la société exploitant la fourrière car cette dernière n’accepte que les paiements en chèque, en liquide ou par carte de crédit. « Notre intention est bien de récupérer ces 206 trottinettes. Nous ne voulons pas les abandonner. Je suis sûr que nous allons trouver une solution avec la mairie, pour travailler en harmonie et sur le long terme », souligne le patron de Lime.

Fin des « juicer »

Par ailleurs, Lime a annoncé ce jeudi mettre fin à son programme « juicer » qui permettait à des auto-entrepreneurs de collecter et recharger une partie des trottinettes en libre-service. « Dans un souci d’amélioration de son service, Lime a décidé de professionnaliser cette activité en réservant désormais ces missions à des prestataires professionnels », dévoile l’entreprise dans un communiqué.