Paris: «20 Minutes» part à la découverte du street art dans le 13e avec Fresh Street Art Tour

STREET ART «20 Minutes» vous fait découvrir quelques-unes des fresques monumentales de street art, visibles rien que dans le 13e arrondissement de la capitale

Camille Tyrou

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Les habitants de cet HLM se sont battus pour ne pas voir disparaître l'oeuvre d'Obey sur leur façade après le ravalement du bâtiment prévu en fin d'année.
Les habitants de cet HLM se sont battus pour ne pas voir disparaître l'oeuvre d'Obey sur leur façade après le ravalement du bâtiment prévu en fin d'année. — Camille Tyrou / 20 Minutes
  • Laurent Fouquet et sa cousine animent depuis quatre ans des visites autour du street art à Paris, avec leur petite entreprise le Fresh Street Art Tour Paris.
  • Six parcours sont proposés aux visiteurs à travers la capitale.
  • Des oeuvres d'artistes renommés, comme Obey, C215, Seth, Downosm etc. font partie de celles visibles dans le 13e arrondissement de Paris.

Etre curieux et lever les yeux vers le ciel. Ce sont les conseils que soumet Laurent Fouquet aux visiteurs pour découvrir le street art à Paris. Il est partout : sur des murs, des façades d’immeubles ou encore sur du mobilier urbain et prend différentes formes : graffiti, collage, moulage, pochoir etc. Sur le principe, cet art est illégal. « Si c’était autorisé, pour moi il n’y aurait pas de graffitis ni de street art dans les rues, est convaincu Laurent. C’est le côté transgressif qui attire. »

Après avoir parcouru différentes villes de France et capitales d’Europe pour dénicher de nouvelles œuvres, ce passionné de street art a décidé de créer il y a quatre ans avec sa cousine des visites à Paris autour de cet art de rue. Le Fresh Street Art Tour Paris est né. 20 Minutes a suivi l’une d’elles ce mardi après-midi pour vous dévoiler quelques fresques que nous avons pu croiser.

Faire du 13e un musée à ciel ouvert

Rendez-vous fixé dans le 13e arrondissement de Paris. Ici, le street art est loin d’être interdit puisque le maire de l’arrondissement, Jérôme Coumet, en est lui-même un grand fan. Les oeuvres y poussent comme de véritables champignons. Plusieurs ont été commandées à des artistes pour changer l’image du quartier, jusqu’ici surtout connu pour sa communauté asiatique. « C’est une manière d’embellir les rues. Le maire souhaite que le 13e soit reconnu pour le street art et devienne un véritable musée à ciel ouvert », glisse Laurent. Rien qu’une cinquantaine d’œuvres, d’artistes plus ou moins reconnus, se concentrent dans l’arrondissement. Beaucoup d’entre elles se trouvent à proximité du boulevard Vincent-Auriol, le long de la ligne 6.

Laurent débute la visite dans une rue adjacente pour nous montrer une production à la pointe de l’originalité. Dans le street art, « il n’est pas rare de voir son œuvre recouverte par une nouvelle », rappelle le guide. Etre original peut donc permettre de s’imposer. Vhils, un graffeur de Lisbonne a décidé d’utiliser un outil peu commun pour créer ses œuvres : l’explosif. Sa méthode consiste à faire de l’extraction de matière. Il crée à partir de la matière qu’il a en sa possession. Sur le mur d’une école, il a ainsi représenté l’artiste américain, Bob Dylan. Une manière quasi certaine de ne pas voir un jour disparaître sa réalisation.

L'oeuvre de Vhils faite à l'explosif.
L'oeuvre de Vhils faite à l'explosif. - Camille Tyrou / 20 Minutes

Trois fresques d’Obey sur 300 mètres : du jamais vu !

Un peu plus bas, au niveau de la station de métro Nationale, un gros chat peint sur un fond bleu électrique interpelle. C’est l’œuvre de C215, devenue un emblème pour le quartier. « Quand les gens veulent se rejoindre, ils se donnent rendez-vous au chat », sourit Laurent, avant de poursuivre les explications. L’artiste a voulu mettre en avant la proximité des gens avec leur quartier, comme lorsque l’on croise un félin que l’on connaît. Mais pourquoi peindre des chats ? N’ayant pas la garde de sa fille, l’artiste a commencé à dessiner des petits chats sur son chemin pour aller à l’école afin de lui rappeler qu’il pense à elle au quotidien.

Le Chat de C215 à la station Nationale sur la ligne 6.
Le Chat de C215 à la station Nationale sur la ligne 6. - Camille Tyrou / 20 Minutes

La capitale peut aussi se vanter d’avoir trois fresques sur 300 mètres d’un des pionniers du street art : Obey. 20 Minutes lève le voile sur deux d’entre elles. La première est la fameuse Marianne, peinte aux couleurs de la France et qui arbore aussi la devise de notre pays. Une œuvre offerte par le street artist après l'attentat au Bataclan en novembre 2015. La seconde est tout aussi symbolique. Des habitants d’un HLM ont cessé de payer leurs loyers pour sauver l’œuvre d’Obey peinte sur leur façade, que le bailleur souhaitait enlever après le ravalement du bâtiment à la fin de l’année. Ils ont finalement obtenu gain de cause. L’artiste reviendra peindre l’œuvre à l’identique. « C’est une manière pour les résidents de s’approprier les œuvres d’art et de défendre leurs immeubles », estime Laurent.

La Marianne d'Obey offerte à Paris après les attentats du 13 novembre 2015.
La Marianne d'Obey offerte à Paris après les attentats du 13 novembre 2015. - Camille Tyrou / 20 Minutes

Six parcours street art dans Paris

Focus sur une dernière fresque aux couleurs pétillantes, celle de Maye. Le graffeur, originaire de la Camargue, a souhaité inviter les Parisiens dans sa région natale avec la présence d’un flamant rose en guise de cheval et des marais. Mais l’artiste n’a pas perdu son ADN de graffeur puisqu’il y glisse quelques allusions : la bombe de peinture de laquelle sortent des papillons, symbole de la liberté et de la dimension éphémère d’un graffiti.

L'oeuvre de Maye, un graffeur et street artist de Camargue.
L'oeuvre de Maye, un graffeur et street artist de Camargue. - Camille Tyrou / 20 Minutes

Il n’y aurait plus de surprises à révéler l’intégralité du parcours. De nombreuses fresques attendent encore d’être observées et photographiées. Laurent et sa cousine proposent ainsi six parcours différents à travers la capitale.