Paris: 80 médecins de l'hôpital d'Aulnay-sous-Bois réclament la création d'une zone médicale prioritaire

SANTE Dans une lettre adressée mi-juillet à l'Agence régionale de santé, 80 médecins de l'hôpital d'Aulnay-sous-Bois réclament la création d'une «zone médicale prioritaire»

20 Minutes avec AFP

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80 médecins de l'hôpital Robert-Ballanger d'Aulnay-sous-Bois réclament la création d'une zone médicale prioritaire pour leur établissement.
80 médecins de l'hôpital Robert-Ballanger d'Aulnay-sous-Bois réclament la création d'une zone médicale prioritaire pour leur établissement. — JEROME MARS/JDD/SIPA
  • 80 médecins de l'hôpital Robert-Ballanger d'Aulnay-sous-Bois en Seine-Saint-Denis ont adressé une lettre à l'Agence régionale de santé (ARS) pour leur faire part des dysfonctionnements au sein de l'établissement.
  • Ces derniers réclament la création d'une «zone médicale prioritaire».
  • L'ARS a rappelé que cet hôpital a déjà bénéficié de 30,7 millions d'euros d'aides depuis 2016.

Ils tirent la sonnette d’alarme. Face à la situation qui se détériore au sein de leur établissement de santé - rupture de stock de médicaments, patients de plus en plus précaires, manque de médecins aux urgences - 80 médecins de l’hôpital d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, ont adressé une lettre à l' Agence régionale de santé, qui demande la création d’une « zone médicale prioritaire ». Ces chefs de service, praticiens et assistants de l’hôpital Robert-Ballanger s’alarment de la situation « très inquiétante » de leur établissement dans un courrier daté du 14 juillet, dont Le Parisien s’était fait l’écho et que l’AFP a consulté.

Evoquant tour à tour le manque d’effectifs en psychiatrie, les ruptures de stock de la pharmacie, les pannes de scanner et d’IRM, ils affirment que « ces difficultés ne font que s’aggraver depuis quelques années, de plus en plus rapidement depuis quelques mois, démotivent les équipes médicales et paramédicales, et mettent en péril les malades ». « Parfois, on ne sait pas si on va avoir une cartouche d’encre pour imprimer nos ordonnances, du désinfectant pour laver nos endoscopes », explique Guy Bellaïche, le chef du service de gastro-entérologie. Sa consœur Bernadette Coret-Houbart, cheffe du service de pharmacie, ajoute que « les médicaments sont payés avec un grand délai. Nos fournisseurs bloquent nos commandes. Et quand ils ne veulent pas nous livrer, on va acheter ailleurs à des prix non négociés ».

La Seine-Saint-Denis, premier désert médical de France

« Nous avons bien compris que notre hôpital est déficitaire, mais il est devenu urgent d’investir pour repartir sur de bonnes bases », soulignent les médecins dans leur courrier, avertissant sur la « désertification médicale alarmante ». La Seine-Saint-Denis est le premier désert médical de France en nombre de médecins rapporté à la population. « Au vu de la précarité de la population que nous prenons en charge en Seine-Saint-Denis, et à l’aube du Grand Paris, avec un accroissement démographique prévu comme considérable, ne faudrait-il pas considérer nos hôpitaux du 93 comme situés en zone médicale prioritaire afin de leur accorder des moyens financiers supplémentaires pour sortir de ce cercle vicieux ? », écrivent-ils.

Contactée par l’AFP, l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France explique avoir « pris connaissance » de la lettre et indique que « les représentants de la communauté médicale de l’hôpital » seront reçus début septembre. Elle rappelle que depuis 2016, « l’établissement a bénéficié de 30,7 millions d’euros d’aides », ce qui en fait « l’établissement le plus aidé de la région » Ile-de-France.