Paris: La mairie est-elle endettée à hauteur de 5,7 milliards d’euros?

ECONOMIE Selon une étude de l’iFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques), la mairie est endettée à hauteur de 5,7 milliards d’euros, soit 2835 euros par habitant.

Romain Lescuieux
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Hôtel de ville de Paris, de nuit. (Illustration)
Hôtel de ville de Paris, de nuit. (Illustration) — ludovic MARIN / AFP
  • La mairie est endettée à hauteur de 5,7 milliards d’euros, soit 2835 euros par habitant, selon une étude de l'iFrap.
  • « Cette dette n’est pas haute et elle stable », assure à 20 Minutes, le premier adjoint à la maire de Paris, Emmanue Grégoire.

La mairie de Paris croule-t-elle sous les dettes ? Selon une étude de l’iFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques), publiée ce jeudi et reprise par Le Figaro, la mairie est endettée à hauteur de 5,7 milliards d’euros, soit 2835 euros par habitant. Un endettement qui ne cesserait d’augmenter depuis plusieurs années.

Si la mairie évoque une « stabilisation » de la dette est en cours, le volume des remboursements devrait continuer d’augmenter, pour atteindre 300 millions d’euros par an à partir de 2021 et 400 millions en 2030/2040, souligne cette étude du think-tank libéral dirigé Agnès Verdier-Molinié. Enfin en 2018, les dépenses de la Ville représentent le chiffre de 9,4 milliards d’euros, dont 7,8 milliards de dépenses de fonctionnement. Que répond-on à la mairie de Paris sur cet endettement de 5,7 milliards ?

« Cette dette n’est pas haute et elle stable »

« Il n’y a rien de nouveau et ça corrobore avec nos chiffres, leurs données sont justes. Mais ils comparent des choses qui sont pas comparables ou qui n’ont rien à voir. Cette dette n’est pas haute et elle stable », assure à 20 Minutes,  Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris. En juin dernier, il se félicitait de la stabilisation de cette dette.

Si la Ville envisageait une hausse de 600 millions d’euros de la dette, elle n’aura finalement été « que de 200 millions » en 2018, expliquait-il au Parisien. Pour l’année 2019, l’objectif de l’exécutif est de parvenir à ne pas augmenter du tout le montant de la dette, ce qui serait « inédit depuis 2001 », selon Emmanuel Grégoire. « Oui, cette dette a beaucoup augmenté ces dernières mais parce que Paris a souffert de sous-investissements », reprend-il. La dette par Parisien était de 507 euros en 2001 et de 1636 euros en 2013, en fin de mandat de Bertrand Delanoë, note par ailleurs l’iFrap. Enfin, concernant le recours à l’emprunt, il est « choisi, assumé et maîtrisé », insistait déjà l’exécutif parisien en décembre 2018,  lors du vote du budget 2019.

Quid de la notation ?

La municipalité « a donc beau jeu de s’enorgueillir de sa notation financière "double A" », note Le Figaro. « Celle-ci ne repose en fait que sur sa capacité à augmenter ses prélèvements des entreprises, des particuliers, ou à vendre certains bijoux publics (le patrimoine de la mairie est estimé à 35 milliards d’euros), afin de combler les dépenses ». La ville tient à rappeler l’importance de cette note.

L’agence souligne que la gestion financière de la Ville se caractérise à la fois par « un renforcement du pilotage budgétaire ces dernières années […], un degré élevé de transparence financière, une gestion de la dette et de la trésorerie prudente et optimisée et une prospective financière détaillée », note-t-on à l’Hôtel de ville. Et de conclure : Standard Poor’s met également en avant « une pression fiscale inférieure à la moyenne » et « l’économie locale très riche ».

De son côté, l’opposition s’inquiète de cette « dette galopante », comme l’a qualifié Florence Berthout, ex-présidente du groupe Les Républicains et indépendants (LRI) en fin d’année dernière. « Le grand naufrage. La fondation iFRAP dresse un portrait alarmant des comptes publics de la ville, avec des moyens toujours plus importants pour des résultats de plus en plus médiocres », tweet ce jeudi, la formation politique.