Paris: Au pied de la tour Eiffel, achetez des gourdes pour réduire le plastique

ENVIRONNEMENT Un point de vente à emporter parisien a fait le pari de réduire la vente de bouteilles en plastique avec la commercialisation de gourdes rechargeables d'eau revitalisée

Camille Tyrou

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Pour réduire ses déchets plastiques, le Kiosque du Carrousel de la Tour Eiffel a décidé de mettre en vente des gourdes rechargeables d'eau revitalisée.
Pour réduire ses déchets plastiques, le Kiosque du Carrousel de la Tour Eiffel a décidé de mettre en vente des gourdes rechargeables d'eau revitalisée. — Camille Tyrou / 20 Minutes
  • Le Kiosque du Carrousel de la Tour Eiffel à Paris s'est lancé dans une démarche écologique depuis plus d'un an, en limitant les déchets plastiques et en se fournissant avec de l'énergie 100% renouvelable. 
  • Sa dernière idée pour tenter de réduire les déchets plastiques: la vente de gourdes rechargeables d'eau revitalisée.
  • Une cinquantaine de ces gourdes est vendue chaque jour aux visiteurs. 

Et si les professionnels du tourisme se mettaient à réduire les déchets plastiques ? C’est en tout cas l’objectif du Kiosque du Carrousel de la Tour Eiffel. Soucieuse de l'environnement, l’entreprise de vente à emporter a déjà participé à plusieurs « clean walk » (marcher en ramassant les déchets dans la rue).

Sensibilisé aux déchets à usage unique, le kiosque est passé à la vitesse supérieure, en limitant son empreinte écologique. « La pollution plastique est énorme pour le kiosque, c’est un vrai gâchis », admet Alice Frelot, responsable du projet. Pour cela, depuis un an, la société s’est lancée dans l’achat d’énergie 100 % renouvelable avec le fournisseur Enercoop pour faire fonctionner le point de vente. Elle a aussi remplacé au fur et à mesure les emballages plastiques par des contenants en carton.

Réduire la vente de bouteilles en plastique

Sa dernière idée en la matière est commercialisée depuis fin juillet : une gourde rechargeable d’eau revitalisée. « On a repéré une fontaine d’eau revitalisée dans un magasin bio, où les gens pouvaient venir remplir leur bouteille, l’idée nous a plu », raconte Alice Frelot. Ce concept lui a de suite fait tilt pour la commercialiser sous forme de gourdes rechargeables afin de réduire la vente de bouteilles en plastique.

Si la gourde est fabriquée à base de plastique recyclé, quid de l’eau revitalisée ? Cette eau est du robinet. Elle passe dans un système de filtration par charbon actif et osmose inverse, imaginé par l'entreprise bretonne Natarys, avant de connaître un procédé de revitalisation. Testée et approuvée ! Cette eau est purifiée et n'a aucun goût, contrairement à l'eau classique du robinet. Elle devient en quelque sorte une eau de source locale. Pas de trajet pour la ramener jusqu’à Paris, contrairement aux bouteilles classiques, donc pas de pollution. « C’est une manière de contribuer à la protection de la planète, à notre petite échelle d’entreprise », confie Jean-Christophe, l’un des employés du kiosque.

Un petit geste pour un grand pas pour la planète

Et le concept semble séduire… Une cinquantaine de gourdes est ainsi vendue chaque jour, même si les ventes de bouteilles d’eau restent majoritaires. Mais pas question de ne vendre qu’un vulgaire produit de plus. « Il y a une véritable démarche environnementale derrière. Il est urgent de se mettre au recyclage pour laisser un monde meilleur à nos enfants », insiste-t-il. La société entend développer ce nouveau dispositif et espère inciter d’autres commerçants à se lancer. « La démarche aura beaucoup moins de sens si on est seul à la réaliser », estime la responsable du projet. « Si tout le monde fait un petit geste pour la planète, ce sera un grand pas de gagné », poursuit Jean-Christophe.

« Cette initiative est remarquable pour le recyclage. Après il faut voir si ce système de filtration d’eau n’a pas un trop gros impact sur l’environnement et s’il se recycle bien à long terme », se questionne Philippe, en visite à Paris pour quelques jours. Pour une famille venue du Cantal, le problème du plastique est juste une question d’éducation et de civisme, « tout le monde a une part de responsabilité. Nous par exemple, on limite l’achat de bouteilles. On la garde et on l’a remplie plusieurs fois. C’est aussi une manière de recycler et de faire attention à ses déchets. »