Plomb autour de Notre-Dame: «Ce n’est pas Tchernobyl non plus»

REPORTAGE Les travaux de dépollution aux alentours de la cathédrale doivent débuter ce mercredi 

Camille Tyrou

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Les commerçants dans les environs de l'île de la Cité ne sont pas du tout inquiets par la présence de plomb à la suite de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame en avril dernier.
Les commerçants dans les environs de l'île de la Cité ne sont pas du tout inquiets par la présence de plomb à la suite de l'incendie de la cathédrale Notre-Dame en avril dernier. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
  • Si les autorités, les associations et les syndicats se préoccupent de la santé des travailleurs aux alentours de la cathédrale, les restaurateurs et commerçants sont sereins. 
  • Des prélèvements et des analyses sanguines ont été effectués auprès d’eux à plusieurs reprises et n’indiquent pas de fortes concentrations de plomb.
  • Un chantier de dépollution va débuter ce mercredi 7 août afin que toute la zone soit entièrement dépolluée.

EDIT. Alors que le nettoyage du sol contaminé au plomb autour de Notre-Dame commence, ce mardi, « 20 Minutes » vous propose de relire ce reportage sur les inquiétudes (ou pas) des commerçants installés près de la cathédrale incendiée. L’opération de décontamination réalisée en plusieurs phases durera, selon la préfecture de police, jusqu’au 23 août.

Si les associations et syndicats se préoccupent de la santé des personnes qui travaillent aux alentours de la cathédrale Notre-Dame, sur le terrain ce n’est pas du tout le même son de cloche. « Il faut arrêter d’en faire des tonnes. Je ne suis absolument pas inquiète par les particules de plomb. En revanche, toutes ces histoires font fuir les touristes, c’est ça qui m’inquiète », martèle une bouquiniste du quai Saint-Michel, agacée de « l’extrapolation des médias ».

Pour les autorités, c’est une tout autre inquiétude qui se manifeste : la présence de plomb dans les écoles et les crèches du secteur. Mais la mairie de Paris se veut rassurante. Dans un communiqué publié ce mardi, elle indique que « les prélèvements effectués dans les crèches et les écoles à proximité sont conformes. » D’autres établissements, qui n’accueillent pas d’enfants actuellement, vont subir dans les prochains jours des traitements, en raison d’une concentration élevée de plomb. Des prélèvements seront à nouveau effectués pour constater l’efficacité des traitements réalisés.

Pas de panique sur l’Ile de la Cité

Les bouquinistes, les restaurateurs ou les vendeurs de souvenirs aux abords de l’île de la Cité peuvent aussi y être exposés. Mais pas de panique constatée. Denis, bouquiniste depuis 30 ans sur le quai de Montebello, ne craint pas trop pour sa santé. « Mon voisin bouquiniste, présent le soir de l'incendie, a fait une plombémie et n’avait rien du tout », relativise-t-il, en précisant que lui n’était pas présent ce soir-là. Cependant, pour lui « les bouquinistes comptent pour du beurre ». Personne ne serait venu les voir à ce sujet, contrairement aux vendeurs et restaurateurs, qui ont affirmé avoir reçu la visite de la Caisse régionale d’assurance maladie de la région (CRAMIF), venue faire des tests. « On ne connaît même pas les symptômes que provoque une inhalation de plomb », souffle-t-il avant d’ajouter qu’il envisage de faire une analyse.

De l’autre côté de la Seine, sur l’île de la Cité, l’exaspération des commerçants se fait sentir. Peu ose encore s’exprimer dans les médias. Roger-Frédéric, gérant de la brasserie Esmeralda, située rue du cloître Notre-Dame, ne voit aucun danger pour la santé. « La CRAMIF est repassée hier faire des prélèvements dans le restaurant. Nos salariés ont déjà fait des analyses sanguines, toutes négatives. Donc je ne vois pas pourquoi ça changerait en quatre mois », estime-t-il.

La dépollution du parvis et des rues adjacentes va débuter

« Ce n’est pas Tchernobyl non plus », rétorque Michel, un vendeur de souvenir installé rue d’Arcole depuis 1975. Pour lui, inutile d’être inquiet car la situation est très suivie par les autorités. « Les analyses ont révélé de faibles doses de plomb dans le magasin et dans le sang des employés ». Il affirme cependant être vigilant quant à la propreté de son commerce pour éviter une contamination au plomb.

Dans cette optique, l’adjointe à la mairie de Paris, en charge de la Santé, a annoncé que la « dépollution sérieuse » du parvis et des rues adjacentes de Notre-Dame débuterait ce mercredi 7 août. D’après les commerçants, aucune fermeture des établissements n’aurait été évoquée pendant ce chantier.