Paris: Des Femen dénoncent le renvoi en correctionnelle de pompiers, initialement mis en examen pour viols

MANIFESTATION Trois activistes Femen ont manifesté devant le ministère des Armées pour protester contre le renvoi en correctionnelle de trois pompiers pour «atteinte sexuelle»

20 Minutes avec AFP
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Les Femen ont mené une action contre le renvoi en correctionnelle de trois pompiers, dont d'eux étaient initiallement mis en examen pour viol.
Les Femen ont mené une action contre le renvoi en correctionnelle de trois pompiers, dont d'eux étaient initiallement mis en examen pour viol. — FRANCOIS GUILLOT / AFP
  • Trois Femen ont manifesté vendredi matin devant le ministère des Armées contre le renvoi en correctionnelle de trois pompiers pour «atteinte sexuelle».
  • Les activistes veulent «dénoncer l'impunité des violeurs».
  • Sur les trois pompiers concernés, deux avaient été mis en examen pour viol sur mineur avant une requalification des faits du juge.

Dénoncer l'impunité de ceux qu'elles considèrent comme des violeurs, tel était le but de la manifestation de trois Femen. Ce vendredi matin, ces militantes protestaient devant le ministère des Armées contre le renvoi en correctionnelle de trois pompiers pour «atteinte sexuelle» sur mineure. Deux d'entre eux avaient initialement été mis en examen pour viol.

Action devant le ministère des Armées

Les trois femmes sont arrivées devant le ministère vers 10 heures. Vêtues de pantalons semblables aux tenues des pompiers, elles ont enlevé leurs t-shirts, dévoilant sur leur buste dénudé les inscriptions « Au feu au viol » pour deux d’entre elles et « La justice consume les femmes » pour la troisième.

« Aujourd’hui on est venues dénoncer l’impunité des violeurs. On dénonce cette justice patriarcale qui minore les viols», a expliqué Sophia, Femen depuis sept ans, à l’issue de l’action. Les activistes réagissaient au renvoi récent devant le tribunal correctionnel, pour atteinte sexuelle sur une adolescente de 14 ans en 2009, de trois pompiers, dont deux initialement mis en examen pour viol sur mineur, soit une infraction passible des assises.

Un «culte des pompiers»

A l’époque des faits, en 2009, l’état de santé de l’adolescente nécessite de nombreuses interventions des pompiers. Selon son entourage, elle développe un véritable « culte des pompiers ». Elle en contacte certains grâce aux réseaux sociaux et multiplie les relations sexuelles avec environ vingt pompiers âgés d’une vingtaine d’années, pour la plupart en poste à la caserne de Bourg-la-Reine, dans les Hauts-de-Seine.

Lors d’un après-midi chez un pompier avec qui elle entretient une relation suivie, elle dit avoir été contrainte de pratiquer des fellations à deux d’entre eux, pendant que le troisième la touchait. Ce sont ces trois hommes qui ont finalement été renvoyés en correctionnelle. Le parquet avait requis l’abandon des poursuites pour viol à l’automne 2018, estimant que le « défaut de consentement » de l’adolescente paraissait « insuffisamment caractérisé ».