Paris: «On est loin de la canicule de 2003 en termes de durée et de sévérité»

INTERVIEW Paris a connu ce jeudi la journée la plus chaude depuis le début des relevés météorologiques en 1873. Olivier Proust, prévisionniste pour Météo France, décrypte les spécificités de cet épisode caniculaire 

Propos recueillis par Camille Tyrou

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Paris vient de connaître un nouveau record de chaleur, avec plus de 41°C peu avant 14 heures. Les prévisionnistes arrêteront ce record dès vendredi, car les températures vont encore grimper dans la journée.
Paris vient de connaître un nouveau record de chaleur, avec plus de 41°C peu avant 14 heures. Les prévisionnistes arrêteront ce record dès vendredi, car les températures vont encore grimper dans la journée. — Emma PROSDOCIMI/SIPA
  • Le record de température a été battu à Paris à 13h12, remplaçant le précédent record de 1947.
  • La nuit n'offre dans la capitale puisque les températures avoisinent les 25°C ces derniers jours. 
  • Les canicules sont liées au réchauffement climatique.

Paris étouffe sous la chaleur ce jeudi. Il n’a jamais fait aussi chaud que ce jeudi dans la capitale, qui bat ainsi son précédent record de 40,4 °C, enregistré il y a 72 ans, en juillet 1947. A 16h30, le thermomètre affichait 42,6 °C. Olivier Proust, prévisionniste à Météo France, décrypte cet épisode caniculaire.

En quoi cette deuxième canicule en moins d’un mois est-elle exceptionnelle ?

Peu avant 14 heures, on a dépassé les 41 °C, effaçant le précédent record de la capitale de juillet 1947 avec 40,4 °C. Même en 2003, Paris n’avait pas connu d’aussi hautes températures. C’est donc la deuxième fois que l’on dépasse les 40 °C à Paris en 72 ans. Globalement, toute l’Ile-de-France subit des températures particulièrement élevées, comprises entre 39 et 42 °C. Chaque station météo de la région devrait battre ses records de chaleur.

Quelles sont les spécificités de cette canicule par rapport à celle de 2003 ?

Trois caractéristiques sont à prendre en compte pour expliquer une canicule: l’intensité, la durée et la sévérité de ce phénomène météorologique. La canicule, que l’on traverse ces derniers jours, atteint des intensités comparables à celles de 2003. On reste loin de la canicule de 2003 en termes de durée et de sévérité car elle avait duré plus de dix jours avec des températures très élevées jour et nuit pendant toute cette période. Pour la canicule qui nous occupe, les prévisions météorologiques indiquent une menace d’orages dès jeudi soir sur la capitale, faisant chuter les températures pour vendredi.

Comment expliquer la multiplication des canicules ces dernières années ?

A l’avenir, le réchauffement de la planète va se poursuivre et les vagues de chaleur vont se multiplier. Les canicules seront donc de plus en plus fréquentes et de plus en plus intenses. La sécheresse en France, elle aussi, s’est intensifiée avec ces deux canicules en moins d’un mois. Si la situation était « normale » en juin, elle est passée à « très sec » fin juillet. Mais le niveau record de sécheresse de 1976 n’a pas encore été battu.