VIDEO. Yvelines: Un rassemblement scout axé sur le numérique (mais pas que)

CONNEXION Plus de 20.000 personnes, dont 16.000 jeunes scouts, sont réunies dans les Yvelines dans le cadre du rassemblement Connecte, « un réseau social grandeur nature »

Clément Rodriguez

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À Jambville, plus de 20.000 scouts sont réunis dans le cadre du rassemblement «Connecte»
À Jambville, plus de 20.000 scouts sont réunis dans le cadre du rassemblement «Connecte» — Clément Rodriguez/20 Minutes
  • À Jambville, dans les Yvelines, le centre national de formation des Scouts et Guides de France organise le rassemblement Connecte.
  • Le thème central de cet événement : l’éducation au numérique.
  • Toutefois, les enfants sont sensibles à d’autres thématiques telles que le respect de l’autre et l’acceptation de soi.

C’est à Jambville, à une heure de Paris, que se tient l’événement scout de l’année. Le lieu n’a pas été choisi au hasard puisque ici se trouve le Centre national de formation des Scouts et Guides de France, dans l’enceinte du château de la commune. Alors qu’à l’année, on y organise plutôt des formations et des séminaires d’entreprise, la centaine d’hectares qui entourent l’édifice est envahie par des toiles de tentes à perte de vue. Le château de Jambville n’est pas soudainement devenu le lieu de camping le plus tendance de l’été, mais il accueille plus de 16.000 jeunes de 11 à 14 ans dans le cadre du rassemblement Connecte.

« Un projet global proche du numérique »

« Aider les jeunes à former leurs opinions librement », c’est le thème du projet éducatif de cet événement, comme nous l’explique Julien Defer, responsable national des 11-14 ans. Dans Connecte, les enfants sont plongés dans un univers parallèle, au cœur de l’Egypte. À leur arrivée, les organisateurs leur ont donné une mission : mener une enquête pour retrouver Cléopâtre, qui a récemment disparu. À travers trois jeux différents, les scouts ont l’occasion d’aborder des sujets relatifs au numérique, tels que le tri des informations et la nécessité d’assumer son image.

Dans l’activité Click and go, les enfants se retrouvent face à des choix : jeux de société ou jeux vidéo ? Dormir ou jouer ? Manger de la viande ou être vegan ? Pour prendre leur décision, les scouts disposent de plusieurs ressources. À un certain endroit, une tablette est utilisée pour faire de la recherche d’informations sur Internet, « parce que ça fait partie du paysage pour chercher des informations aujourd’hui » selon Julien Defer. À l’exception du téléphone dont dispose chaque équipe en cas de pépin, cette tablette est la seule trace matérielle de numérique du rassemblement.

L’humain plus fort que les réseaux

À l’heure du midi, les 3.500 animateurs bénévoles se pressent au réfectoire. À l’entrée, un panneau indique clairement la couleur : « Ici, on déconnecte ». L’objectif : créer des liens avec ses camarades de tablée. Les jeunes scouts, quant à eux, cherchent l’ombre à l’orée du bois afin de déguster leur panier-repas. Cette pause déjeuner est l’occasion de recueillir leurs impressions à propos de ce thème numérique : « En fait Connecte, c’est se connecter sans téléphone, sans jeux vidéo, pour être rassemblés et parler ensemble sans rien. Ce n’est pas se connecter avec notre téléphone, c’est se connecter avec les autres » nous raconte l’une d’entre eux. Juste à côté, l’un de ses camarades renchérit : « On n’est pas forcément connectés à la technologie, on peut être connectés et communiquer entre nous, sans téléphone portable, sans réseaux sociaux, sans écran ».

D’ailleurs, tous les jeux du rassemblement ne sont pas tournés vers le numérique à 100 %. Ce mardi matin, environ 7.000 enfants sont occupés avec l’activité intitulée Pixels. Dispersés en quatre équipes, les scouts doivent récupérer des briques recyclées (de lait ou de jus d’orange) et y apposer des bandes de couleur. Ces éléments servent à construire une structure de 6 mètres de large sur 10 mètres de haut, dévoilée lors de la dernière journée du rassemblement. L’après-midi, parmi d’autres activités, les jeunes écrivent des phrases inspirantes sur des carrés de couleur : « Avant de juger les autres, apprend à les connaître » ou encore « Ne perd jamais confiance en toi. Tu es quelqu’un de génial » figurent parmi les messages à lire. « Avec ça, on va créer d’énormes fresques sur lesquelles les jeunes vont venir graver leurs réflexions, nous explique Steven Boulain, l’un des bénévoles du rassemblement. Pour éviter que ce soit perdu, chaque jeune repartira avec un pixel de quelqu’un, en espérant qu’il le garde ». Une activité qui porte donc plus sur l’image de soi que sur le numérique en tant que tel.

Les scouts ont écrit leurs «réflexions» sur un pixel. Chacun réparti avec l'un d'entre eux.
Les scouts ont écrit leurs «réflexions» sur un pixel. Chacun réparti avec l'un d'entre eux. - Clément Rodriguez/20 Minutes

Le numérique autour du poignet

Même si le numérique ne se retrouve donc pas forcément dans toutes les activités (et dans tous les esprits des enfants), le rassemblement Connecte s’inspire des nouveautés technologiques pour faciliter le dispositif logistique d’un tel événement. Ainsi, chaque personne qui vit dans le château de Jambville pendant une semaine est équipée d’un bracelet avec QR code. Du côté des encadrants, cela leur permet par exemple de connaître le planning de leur journée, et de se tenir au courant des possibles modifications de dernière minute.

Pour les enfants, ce bracelet est un moyen simple et rapide de contrôler les entrées et les sorties du parc, puisque certaines activités se déroulent à quelques minutes de marche du camp. « On scanne tous les jeunes qui sortent, comme ça on sait qui est en dehors du parc, et on sait s’ils sont bien tous rentrés au bercail » nous rapporte Jérôme Roseau, responsable du pôle ressources adultes. Plus qu’une solution pratique, ce bracelet est aussi utile pour les services de secours du rassemblement, notamment à l’hôpital du camp, où les médecins peuvent connaître toutes les informations sur le jeune en question, et contacter leur chef de village en un coup de scan. En 2019, les scouts s’adaptent donc totalement à la modernité, mais toujours avec un petit air de Youkaïdi, youkaïda.