Paris: Des logements sociaux et hébergements d'urgence en location sur Airbnb

LOGEMENT Des logements sociaux, hébergements d’urgence ou places dans des foyers de travailleurs migrants seraient en location sur la plateforme Airbnb

Camille Tyrou

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Selon une enquête du «Parisien», depuis 2017 822 annonces sur la plateforme seraient suspectes car elles renvoient à des logements sociaux, pourtant interdits à la sous-location.
Selon une enquête du «Parisien», depuis 2017 822 annonces sur la plateforme seraient suspectes car elles renvoient à des logements sociaux, pourtant interdits à la sous-location. — Joe Scarnici / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Une pratique interdite mais pourtant très répandue. Ce mardi, Le Parisien révèle que plus de 800 logements sociaux pourraient être en location sur la plateforme Airbnb, et ce, en dépit de l’illégalité d’une telle pratique. Dimanche soir, le quotidien révélait qu’une Parisienne s'était fait dénoncer par une locataire auprès du bailleur social Paris Habitat à la suite d'un contentieux.

Après avoir croisé les données de la Mairie de Paris et celles d’Airbnb, depuis 2017, 822 annonces ont renvoyé à l’adresse d’un immeuble contenant au moins une part de logements sociaux. Mais Le Parisien rappelle que toutes ces annonces ne sont pas forcément frauduleuses, puisque des logements sociaux jouxtent des appartements privés.

Un logement dans un immeuble destiné aux jeunes travailleurs

Cependant, certaines adresses ne laissent aucun doute, à l’instar de cet appartement dans un immeuble dédié aux jeunes travailleurs qui était loué 55 euros la nuit. Des sous-locations dans des centres d’hébergement d’urgence, des foyers de travailleurs migrants ou des résidences sociales ont également été décelées. « C’est complètement inacceptable, déplore auprès du Parisien  Ian Brossat, maire adjoint de Paris, en charge du logement. Pour chaque abus constaté, nous irons en justice pour dénoncer la résiliation du bail. »

Si le site Airbnb déplore de son côté une enquête biaisée par une «méthodologie discutable», il assure faire «preuve d’une tolérance zéro pour les activités de sous-location de logements sociaux». Et de préciser: «Nous travaillons avec les bailleurs sociaux parisiens pour supprimer de telles annonces à chaque fois qu’ils nous les signalent.»