Municipales 2020 à Paris: Benjamin Griveaux lance sa campagne en mettant ses «tripes sur la table»

POLTIQUE Après son investiture et ses attaques envers ses anciens rivaux, Benjamin Griveaux a lancé sa campagne avec un premier meeting ce jeudi soir dans un théâtre du 10e arrondissement

Romain Lescurieux

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Benjamin Griveaux
Benjamin Griveaux — AFP
  • Ce jeudi soir, Benjamin Griveaux a lancé sa campagne après avoir flingué ses anciens rivaux pour l’investiture de La République en marche (LREM) aux municipales de Paris en 2020. Malgré les invitations, aucune trace des concernés dans la salle, pour ce premier meeting et premier discours.
  • Benjamin Griveaux veut faire de Paris « le laboratoire du monde face aux enjeux climatiques ». Ses propositions pour la ville: sortir les bus de tourisme de Paris, changer le système de climatisation dans les classes des écoles pour que « nos enfants respirent un air pur ».

A l’entrée du théâtre Libre (10e arrondissement), une affiche « La République, c’est vous » et un chien renifleur, détecteur d’explosifs. Mais l’odeur de poudre se trouve sur la scène. Ce jeudi soir, Benjamin Griveaux  a lancé sa campagne après avoir flingué ses anciens rivaux pour l’investiture de La République en marche (LREM) aux municipales de Paris en 2020 : « Abrutis », « fils de p... », selon des propos divulgués par Le Point, mercredi. Malgré les invitations, aucune trace des concernés dans la salle, pour ce premier meeting et premier discours.

Au premier meeting de Benjamin Griveaux, le 19 juillet 2019
Au premier meeting de Benjamin Griveaux, le 19 juillet 2019 - Philippe LOPEZ / AFP

« Je vais vous faire une confidence, parce qu’on est entre nous, sans enregistrement, je veux être le maire de Paris. Ou plutôt des Parisiens », lance-t-il à 21h30 sur les planches devant près de 1.000 personnes, des élus, des soutiens. Au premier rang : Marlène Schiappa, Olivia Grégoire, Sibeth Ndiaye, Stanislas Guerini ou encore Gilles Le Gendre venus entourer et parler de leur candidat à la mairie de Paris.

« Métro, boulot, Griveaux »

« Benjamin est quelqu’un de solidaire, humble avec de l’autodérision, qui prend le temps d’écouter les gens. Et c’est un homme féministe », affirme Marlène Schiappa. « Ces prochains mois, nous allons nous mettre en mode métro, boulot, Griveaux », ajoute-t-elle. Après la lecture d’un poème d’Aragon par la député de Paris  Olivia Grégoire, des témoignages d’habitants, l’ancien porte-parole du gouvernement débarque sur scène, depuis la fosse, sous les applaudissements et les « on va gagner ». Chemise blanche, sans cravate, il se lance dans l’arène, dans la «bataille pour Paris ». Une poignée d’heures plus tôt, il se faisait dézinguer par l’ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui n’avait pas tweeté depuis deux ans.

« Je ne sais pas faire de la politique sans mettre mes tripes sur la table », dit-il. Originaire de Saone-et-Loire, décrit récemment dans Le Parisien, comme complexé de ne pas être né dans la capitale, il se défend. « Etre Parisien ce n’est pas être né à Paris mais y renaître. Ce sont pour les Parisiens, que j’ai quitté le gouvernement. Je suis un vrai Parisien, je râle beaucoup et très fort, quand quelque chose ne me plait pas », sourit-il. Lui, qui assure vouloir être « le maire de Mouffetard, à Belleville en passant par la Goutte d’or ». Et côté programme ?

« Je ne fais pas de l’écologie de salon »

Benjamin Griveaux veut faire de Paris « le laboratoire du monde face aux enjeux climatiques ». Ses propositions pour la ville: sortir les bus de tourisme de Paris, changer le système de climatisation dans les classes des écoles pour que « nos enfants respirent un air pur ». « Je ne fais pas de l’écologie de salon », assure-t-il. Il souhaite également créer un conseil citoyen de défense écologique constitué de Parisiens entre 15 et 25 ans tirés au sort. La création d’une mutuelle municipale pour les lunettes et les prothèses auditives. Et un métro accessible aux personnes à mobilité réduite. La suite en septembre.

« On va avoir une rentrée très chargée. On souhaite une campagne de terrain. On est challengers par rapport à la maire sortante, qui a les moyens de la ville de Paris et qui est en campagne depuis longtemps. Il faut que dès septembre on soit dans la volonté d’arriver à mobiliser un maximum de Parisiens », glissait la veille, son directeur de campagne, Pacome Rupin à 20 Minutes. Quid des (anciens?) rivaux à l’investiture ? 

« Votre place est ici, avec votre famille, au milieu de nous », lâche Benjamin Griveaux. « Ce soir c’est une première étape. Les huit prochains mois vont être difficiles, il y a tant à faire », reprend-t-il avant de citer Jacques Brel en guise de conclusion. « Paris qui bat la mesure, Paris qui mesure notre émoi.Il nous reste 241 jours pour battre la mesure et que le maire de Paris soit enfin le maire des Parisiens ».