Rue de Trévise: «Depuis l’explosion, pas grand chose n’a changé dans le quartier»

REPORTAGE Six mois après l'explosion de la boulangerie de la rue de Trévise à Paris, la vie dans le quartier reprend doucement

Camille Tyrou

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Une palissade bloque toujours l'accès aux immeubles de la rue de Trévise, six mois après l'explosion du 12 janvier.
Une palissade bloque toujours l'accès aux immeubles de la rue de Trévise, six mois après l'explosion du 12 janvier. — Camille Tyrou
  • L'explosion d'une boulangerie dans la rue de Trévise le 12 janvier dernier a causé la mort de quatre personnes dont deux pompiers.
  • Six immeubles sont toujours soumis à un arrêté d'occupation et sont donc interdits d'accès. 
  • Pour la maire du 9e arrondissement, cette explosion a entraîné une forte baisse de l'afflux touristique dans le quartier.

« Depuis l’explosion, pas grand chose n’a changé dans le quartier. Ma vie, elle, est bouleversée. » Six mois après l’explosion de la rue de Trévise, qui a coûté la vie à quatre personnes, dont deux pompiers, Zineb Karasane, gardienne dans un immeuble voisin, ne rêve que d’une chose : déménager pour « tirer un trait sur cette histoire ». Si elle n’a pas été blessée, elle souffre de crises d’anxiété malgré un suivi psychologique. Son petit appartement a également été endommagé par le souffle de l'explosion : une fenêtre s’est brisée et un mur risque de s’effondrer. « Ça fait 30 ans que je vis ici mais ma seule envie est de fuir cette loge. »

Six mois après l'explosion accidentelle d'une boulangerie, probablement due à une fuite de gaz, les stigmates du drame sont toujours visibles. Des palissades interdisent l'accès au public d'une partie de la rue, plusieurs fenêtres et devantures de magasins sont en attente de remplacement, couvertes par des panneaux de bois. Les six immeubles les plus touchés sont encore soumis à un arrêté d’occupation. Pour Delphine Bürkly, maire (ex-LR) du 9e arrondissement, il faudra du temps pour que le quartier retrouve sa gaieté : « Tout reste à faire. Les procédures risquent d’être longues avant d’entamer les travaux. » A ses yeux, il faudra trois ou quatre ans pour que le quartier soit reconstruit.

« Mon atelier a complètement été soufflé lors de l’explosion »

Peu à peu, la vie semble malgré tout reprendre dans le quartier. Ruza Javanov qui tient depuis 25 ans un atelier de couture rue de Trévise a rouvert début juillet. « Mon local a complètement été soufflé lors de l’explosion. Tout comme les fenêtres de mon appartement situé juste au-dessus », souffle-t-elle. Après avoir passé trois mois à l’hôtel, rongée par les angoisses – « je n’avais que ça en tête » – elle a finalement pu réintégrer son logement. « J’ai alors décidé de m’investir à fond et de me battre avec les assurances pour rouvrir mon atelier le plus vite possible. C’était une thérapie pour aller de l’avant. »

En face de son atelier, l’hôtel Diva Opéra a également subi d’importants dégâts. La façade endommagée et l’explosion des fenêtres ont nécessité d’importants travaux aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’immeuble. « Depuis le 1er juillet, on a pu rouvrir nos portes aux clients », se réjouit le directeur de l’établissement. Et de préciser : « On a quand même dû se battre avec les assurances pour la validation des devis. »

Selon la maire du 9e, l’explosion a entraîné une forte baisse de l’afflux touristique. « Le quartier a la plus grande concentration d’hôtels quatre et cinq étoiles de la capitale. Cet accident a donc forcément eu un fort impact sur l’économie et le tourisme », conclut l’élue.