Municipales à Paris: «Il faut transférer la collecte des ordures aux entreprises privées», estime Pierre-Yves Bournazel

INTERVIEW Pierre-Yves Bournazel, le député Agir et candidat à la mairie de Paris aux municipales de 2020 détaille son plan pour la propreté dans les rues de la capitale

Propos recueillis par Romain Lescurieux
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Le député de Paris Pierre-Yves Bournazel (main sur le menton) lors d'une séance à l'Assemblée nationale.
Le député de Paris Pierre-Yves Bournazel (main sur le menton) lors d'une séance à l'Assemblée nationale. — Jacques Witt/SIPA
  • « Comme beaucoup de Parisiens, je trouve que Paris est sale et sali », assure le candidat à la mairie Pierre-Yves Bournazel.
  • Le député de la 18e circonscription de Paris propose notamment de déléguer la collecte des ordures ménagères au privé et donner plus de pouvoir aux maires d’arrondissement.

« Je ferai de Paris une ville verte et propre », note Pierre-Yves Bournazel. En exclusivité pour 20 Minutes, le député Agir de Paris et candidat aux municipales de 2020 – qui a créé début juin  le groupe «100% Paris» – dévoile ses propositions pour un « Paris apaisé, propre et durable ». « Saleté » des rues, collecte des ordures, nettoyage… A neuf mois des élections municipales, il répond à nos questions.

Vous trouvez Paris réellement sale ?

Comme beaucoup de Parisiens, je trouve que Paris est sale et sali. Malheureusement, chacun constate que la situation s’est dégradée ces dernières années. Notamment à cause des incivilités et d’une désorganisation de la gestion. Il n’y a pas de fatalité. On peut inverser la tendance. Je ferai de Paris une ville verte et propre. Pour ça je veux amener une contribution d’idées nouvelles pour la qualité de vie des Parisiennes et Parisiens et pour l’image de notre belle capitale.

Quel est votre plan d’action en termes de propreté ?

En ce qui concerne la gestion, il faut déléguer au plus près du terrain et donc aux arrondissements la compétence du balayage. Dans l’organisation, il faut transférer la mission de la collecte des ordures aux entreprises privées [une partie de la capitale est déjà concernée] avec un cahier des charges ambitieux sur le plan environnemental. Il faut renforcer les effectifs, qu’il y ait autant d’équipes le matin que l’après-midi et des prestations de nettoyage jusqu’à 20 heures l’hiver et 23 heures l’été. Enfin, je propose de créer une direction unique de l’espace public à l’hôtel de ville sous la responsabilité d’un unique adjoint, au lieu de quatre aujourd’hui. Enfin, il faut aussi des sanctions. Je souhaite, dans le cadre d’une véritable police municipale, créer des brigades spécialisées avec des agents de proximité, sur le terrain, qui seront spécialisées dans la répression des contrevenants au bon entretien du domaine public.

Ce n’est pas déjà ce qui existe avec la brigade de lutte contre les incivilités ?

Je veux aller plus loin. Cette brigade n’apporte pas de résultats probants. Il faut une véritable police municipale avec de vrais pouvoirs, et des agents formés à la répression de tous les manquements au respect du domaine public et de l’environnement.

En 2019, de nouvelles mesures ont été déployées par la mairie avec notamment des poubelles inaccessibles aux rats, ou encore un renforcement des équipes le soir et d’urgence. 4.800 agents sont en charge du nettoiement et 550 millions d’euros ont été dédiés à la propreté en 2018. Pour vous, c’est insuffisant ?

Il faut avoir une nouvelle vision, une nouvelle organisation, une nouvelle gestion, plus horizontale, en faisant confiance aux citoyens et aux associations de quartier. Tout en redonnant les moyens et la motivation nécessaires aux agents.

Comment allez-vous procéder pour déléguer la collecte des ordures ménagères au privé et que ça se passe bien ? Qui va faire l’appel d’offres ?

Je propose de généraliser cette collecte aux entreprises privées à partir d’un cahier des charges ambitieux. Et ainsi récupérer les agents libérés de cette mission de collecte pour les remettre sur le nettoiement. Comme je veux augmenter la présence des équipes le matin, que les prestations se fassent plus tard, c’est la bonne stratégie.

Et ça ne coûte pas plus cher de passer au privé pour l’ensemble de la collecte ?

Non, un rapport de la Chambre régionale des comptes le dit. Nous allons consacrer des moyens supplémentaires à la propreté qui seront compensés par le non-remplacement des fonctionnaires qui partiront à la retraite au sein de la techno-structure de la ville.

Vous évoquez plus de pouvoir et d’attribution aux maires d’arrondissement concernant la propreté. Que pourront-ils réellement décider ?

L’organisation du balayage, avec une autorité fonctionnelle du maire d’arrondissement. Ainsi qu’un budget d’investissement et de fonctionnement dédiés.

 

20 secondes de contexte

Cette interview réalisée ce mardi 2 juillet 2019 a été relue par Pierre-Yves Bournazel. Selon la charte de 20 Minutes, « cette relecture par la source autorise des corrections de pure forme ».