Paris: Les nouvelles cours d’école «oasis» à l’épreuve de la canicule

SOCIETE Depuis septembre 2018, Paris a développé ses premières cours d’écoles adaptées au changement climatique. Leur nom : « oasis »

Romain Lescurieux

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Un enfant dans la cours d'école oasis de Daumesnil (12e)
Un enfant dans la cours d'école oasis de Daumesnil (12e) — Guillaume Bontemps/Mairie de Paris
  • Inspirée par l’exemple britannique, la ville de Paris a pris le virage des « cours d’école sans béton », plus végétales et permettant de faire face aux épisodes de forte chaleur.
  • Alors que le mercure ne cesse cette semaine de grimper, 20 Minutes est allé « tester » la nouvelle cour « oasis » de l’école maternelle de la rue Daumesnil (12e arrondissement), pionnière en la matière.

Une fontaine d’eau extérieure, un revêtement au sol plus clair et sans bitume, jardins pédagogiques et espaces végétalisés… Alors que l’épisode caniculaire se poursuit dans la capitale et que les températures devraient approcher les 40°C ce jeudi, certaines écoles parisiennes profitent d’un récent dispositif pour se tenir au frais :  les cours « oasis ».

« En 2014, nous avions fait une étude avec Météo France pour regarder quels étaient les effets du dérèglement climatique à Paris (…) et nous avons vu que l’été de 2003 pourrait devenir la règle en 2050 », explique Célia Blauel, adjointe écologiste à l’environnement auprès d’Anne Hidalgo​. « Nous avons décidé d’aller sur une transformation plus durable de la ville », ajoute-t-elle. Et lors d’un voyage en Angleterre, l’adjointe découvre des cours d’école sans béton. Dès lors, elle est persuadée qu’il « faut sortir du bitume ».

La cours d'école oasis de Daumesnil (12e)
La cours d'école oasis de Daumesnil (12e) - R.LESCURIEUX / 20Minutes

Prenant sérieusement en compte les enjeux climatiques, Paris prend donc, en 2015, le virage des cours d’écoles plus végétales, avec des matériaux plus naturels et moins d’asphalte et aux sols davantage perméables. « L’idée est de donner un cadre plus sympa et un îlot de fraîcheur aux enfants avec des sols innovants », poursuit l’élue.

« La fontaine est très utilisée par les enfants »

La maternelle de l'avenue Daumesnil, dans le 12e arrondissement, fait partie des établissement choisis pour porter le projet. En 2018 et après 200.000 euros de travaux, l’école a été la première à accueillir le dispositif « oasis ». Un « îlot de fraîcheur » qui, mis à l’épreuve de l’actuelle canicule, fait ses preuves. « C’est positif. La fontaine est très utilisée par les enfants. Le sol semble plus frais, parce que la couleur joue beaucoup. L’espace végétalisé a été agrandi et les arbres, quand ils grandiront, feront de l’ombre sur la façade », détaille Brigitte Blanco de la Torre.

Côté parents, des doutes subsistent pourtant. « Il y a une fontaine en plus mais je ne sais pas si ça change vraiment quelque chose. Ce qui est bien c’est le coup neuf et la cour en avait besoin », lance Anissa, mère de d’une petite fille scolarisée en moyenne section. Comme cette dernière, une centaine d’enfants profitent à chaque récréation de cet espace permettant désormais de faire face aux épisodes de forte chaleur. « C’est un très bon dispositif, surtout en ce moment, et ce serait bien que ce soit étendu à d’autres écoles », insiste, pour sa part, Clotilde, mère d’une petite fille scolarisée en moyenne section.

« Nous sommes en train de prendre des mesures »

C’est entendu, Clotilde. Puisqu’après trois expérimentations, le dispositif va être étendu à 38 écoles et ce, dès la rentrée prochaine. « L’idée est de traiter la grande majorité des écoles parisiennes d’ici à 2030 et de prendre l’expérience de ces cours d’école pour commencer à s’attaquer à l’espace public parisien », affirme Célia Blauel.

Au fait, de combien de degrés la cour « oasis » permet-elle de faire baisser la chaleur ressentie ? « Nous sommes en train de prendre les mesures. C’est la première année durant laquelle la cour est vraiment en activité mais il est fort à parier qu’il va y avoir un effet », assure Célia Blauel pour qui le dispositif « oasis » est « une expérience très positive. Et de conclure : « On fait une révolution douce ici. »