VIDEO. Musée de la Libération à Paris: Un QG souterrain de la Résistance pour la première fois ouvert au public

REPORTAGE Le nouveau musée de la Libération de Paris ouvre ses portes le 25 août prochain dans le 14e arrondissement de la capitale. Pièce majeure de l’exposition, un ancien abri de défense utilisé par la Résistance

Juliette Desmonceaux

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L'abri de défense des résistants abritait le colonel Henri Rol-Tanguy, membre dirigeant des forces françaises intérieures.
L'abri de défense des résistants abritait le colonel Henri Rol-Tanguy, membre dirigeant des forces françaises intérieures. — Pierre Antoine / Musée de la Libération de Paris
  • Un nouveau musée va de la Libération de Paris va ouvrir ses portes le 25 août prochain, date anniversaire des 75 ans de la libération de la capitale.
  • Installé place Denfert-Rochereau, il est pensé pour être plus visible et plus moderne que l’ancien musée de la Libération, installé sur les toits de la gare Montparnasse et fermé en 2018.
  • Clou de l’exposition, un ancien abri de défense qui a permis d’organiser la Résistance sera pour la première fois ouvert au public.

Sous l’imposante verrière, les lanternes bleu, blanc, rouge trônent encore dans leur emballage en plastique. Certains objets d’exposition et écriteaux d’information manquent toujours, mais le nouveau musée de la Libération de Paris commence à prendre forme.

Pour retracer l’histoire cet événement de la Seconde Guerre mondiale, on a fermé en 2018 celui installé sur les toits de la gare Montparnasse, peu visible et visité avec seulement 10.000 à 15.000 visiteurs par an. Le nouveau, installé place Denfert-Rochereau et intitulé musée de la Libération – musée du général Leclerc – musée Jean-Moulin, ouvrira ses portes le 25 août prochain, date des 75 ans de la Libération de Paris20 Minutes a visité les lieux en avant-première.

Sur 2.500 m2, dont une galerie couverte d’une verrière, le musée retrace le déroulement de la Seconde Guerre mondiale à Paris : de l’exode des Parisiens à l’arrivée des alliés, via le quotidien sous l’Occupation. Ainsi on trouve de petits souliers d’enfant, une boîte d’allumettes, un carnet d’institutrice… Des objets ordinaires s’ils ne dataient pas de la Seconde Guerre mondiale. « Je voulais que les gens touchent du doigt ce que c’est qu’une société qui bascule. C’est violent au quotidien ! », explique Sylvie Zaidman, directrice du musée et guide du jour. Des objets obtenus grâce à une campagne de dons lancée par le musée.

Le musée présentera plus de 300 objets du quotidien témoignant de la vie sous l'Occupation.
Le musée présentera plus de 300 objets du quotidien témoignant de la vie sous l'Occupation. - Agence Klapisch-Klaisse

S’y ajoutent d’autres éléments historiques, exceptionnels comme la fausse carte d’identité du héros de la Résistance Jean Moulin pour passer en Angleterre ou une dalle du camp de Drancy sur laquelle apparaît encore une inscription faite par une famille juive déportée.

Pour fêter la Libération, une jeune femme a cousu elle-même une robe de fête portée le 25 août 1944.
Pour fêter la Libération, une jeune femme a cousu elle-même une robe de fête portée le 25 août 1944. - Julien Vidal / musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc - musée Jean Moulin (Paris Musées) / Roger Viollet

100 marches à descendre

Pensée pour être la plus didactique possible, l’exposition s’accompagne de frises repères dans chaque pièce. Des documents audio et vidéo accompagneront également la visite pour une immersion maximale. Puis ils accéderont au clou du musée : un abri de défense antiaérien.

Pour accéder à ce lieu ouvert au public pour la première fois, il faut emprunter 100 marches pour descendre à 20 mètres sous terre. Conçu au départ pour que certains services puissent continuer à fonctionner en cas de guerre, cet abri a accueilli le colonel Henri Rol-Tanguy et une partie des forces françaises libres qui y ont installé leur QG. Depuis cette cachette, ils ont guidé les opérations de la Résistance du 20 au 26 août 1944 pour libérer Paris.

Lieu exigu

Après avoir traversé une large porte destinée à protéger l’abri des attaques au gaz, le visiteur pénètre dans un couloir étroit et humide où résonnent le bruit des alertes et des messages téléphoniques venus des alliés. « PC Rol-Tanguy », « Direction générale », « Secrétariat ». Sur les murs gris – repeints –, ces inscriptions – nettoyées – témoignent encore de l’organisation de l’époque. Le reste du repaire est resté tel qu’à l’époque. L’exiguïté du lieu ne permet d’accueillir qu’un groupe de 20 personnes maximum.

Le 25 août prochain, pour les 75 ans de la Libération de Paris, des véhicules militaires défileront depuis la porte d’Orléans jusqu’à la place Denfert-Rochereau. La journée se terminera par l’ouverture du musée le soir, suivie d’un bal populaire.

Pour faire un don au musée, la campagne est toujours ouverte. Adressez-vous au Musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin
4, avenue du Colonel-Henri-Rol-Tanguy, 75014 Paris ou aux Archives de Paris 18, boulevard Sérurier, 75019 Paris.