La musique adoucit aussi la maladie

Charles Centofanti- ©2008 20 minutes
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Ancienne prof d'alto dans un conservatoire, elle recrée du lien social avec son violon à l'hôpital de jour psychogériatrique du groupe hospitalier Saint-Joseph (14e). Trois fois par semaine, Elisabeth Damoiseau, musicothérapeute, rend visite à ses « musiciens », des patients atteints d'Alzheimer ou une pathologie apparentée. Une maladie pour laquelle une Journée mondiale est organisée dimanche. Assis dans leur fauteuil, il y a les contemplatifs et ceux qui fredonnent de bon coeur. La violoniste provoque, rassure et tend des perches pour cerner les goûts de chacun : « Je ne vise pas l'effet thérapeutique, je suis là pour qu'ils s'expriment. » Et ça marche. Impassible à l'écoute de Charles Trenet ou de Paul Desmond, une patiente s'illumine lorsque la chef d'orchestre tente un air d'opérette. Pendant un peu plus d'une heure, la maladie est éclipsée. 

L'atelier de musicothérapie, mis en place depuis mars sur le site de l'hôpital Notre-Dame-de-Bon-Secours, rencontre une adhésion de « quasiment 100 % des patients », souligne Florence Bonté, gériatre. La méthode invite les malades, souvent apathiques, à communiquer entre eux en faisant appel à des « émotions joyeuses », à des ritournelles oubliées. « On assiste à des choses extraordinaires, reconnaît le Dr Bonté. Les thérapies non médicamenteuses n'ont pas encore prouvé leur efficacité sur le plan scientifique, mais dans les faits, on constate le bénéfice. » Une aide d'autant plus intéressante qu'il n'existe pas de remède miracle, « juste des produits symptomatiques, sachant que 30 % des patients ne répondent pas au traitement ».