Anne Hidalgo rend le métro gratuit aux seuls petits Parisiens, en banlieue on réclame la même chose

TRANSPORTS A partir de la rentrée prochaine, les enfants de moins de 12 ans scolarisés à Paris devraient bénéficier de la gratuité des transports en commun

Juliette Desmonceaux

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160.000 petits Parisiens devraient bénéficier de cette mesure dès la rentrée prochaine.
160.000 petits Parisiens devraient bénéficier de cette mesure dès la rentrée prochaine. — CHAMUSSY/SIPA
  • La mise en place de la gratuité des transports en commun pour les enfants de moins de 12 ans sera soumise au vote au Conseil de Paris. Proposée par l’exécutif qui dispose de la majorité, la mesure devrait être votée et entrer en vigueur en septembre prochain.
  • Cette proposition fait partie d’une série de mesures sociales touchant aux transports en commun et qui doivent toutes être évoquées lors du Conseil de Paris. Parmi elles également, un abonnement Vélib’offert pour les 14-18 ans ou le remboursement à 50 % de la carte Imagine R pour les collégiens et les lycéens.
  • La gratuité des transports en commun, comme les autres mesures proposées par la ville de Paris, ne bénéficiera qu’aux enfants scolarisés dans la capitale. Certains parents d’élèves et élus de proche banlieue demandent que la mesure soit étendue à toute la région.

A un an des municipales, la ville de Paris multiplie les mesures sociales dans le domaine des  transports en commun. En vedette, le vote probable ce jeudi au Conseil de Paris du remboursement intégral de la carte Imagine R pour les enfants âgés de moins de 12 ans. Pour l’instant, les transports sont gratuits jusqu’à 4 ans seulement. La proposition est destinée à « accompagner et accélérer la transition écologique en incitant les jeunes Parisiens à utiliser les transports collectifs », selon le projet présenté par Anne Hidalgo.

Une mesure insuffisante pour certains élus de parents d’élèves. Ils demandent que la mesure soit étendue aux collégiens et aux lycéens et appellent la région à ouvrir cette mesure à tous les jeunes Franciliens. A Paris, 160.000 enfants sont potentiellement concernés.

« Ce sont les collégiens et les lycéens qui en ont vraiment besoin »

« Un bon début, mais il faut aller plus loin. » Jean-Jacques Renard, vice-président de la FCPE à Paris, résume l’impression de nombre de parents à l’annonce du remboursement de carte Imagine R pour les petits Parisiens. Le représentant de parents d’élèves salue une mesure qui bénéficiera à de nombreuses familles. « Quand il faut payer plus de 600 euros à la rentrée pour payer les transports de ses deux enfants, ça fait mal ! », rappelle-t-il.

Mais l’élu demande que la mesure profite aussi aux collégiens et aux lycéens. Une position que partage Nageate Belahcen, présidente de la FCPE pour le Val-de-Marne. « En général à Paris, les enfants vont à l’école à pieds. Ce sont les collégiens et les lycéens qui ont vraiment besoin [d’une carte de transports] », affirme-t-elle.

Pour Jean-Jacques Renard, la carte Navigo gratuite aurait un autre avantage si elle était délivrée aux lycéens : favoriser la mixité sociale. « Le transport peut être un frein à une plus grande mobilité des élèves », affirme-t-il. « Avec la mise en place des multicollèges dans certains quartiers de Paris, la gratuité des transports pour les collégiens et les lycéens s’inscrirait dans une politique cohérente pour plus de vivre-ensemble », développe-t-il.

« L’ensemble des Franciliens doit pouvoir bénéficier de tarifs sociaux »

Autre point de crispation pour les parents d’élèves : l’obligation que les enfants soient scolarisés à Paris pour profiter de cette mesure. Une condition non négociable qui agace l’association SOS Usagers. « Le dispositif mériterait d’être étudié dans d’autres départements. Les Parisiens sont déjà assez privilégiés », dénonce Jean-Claude Delarue, son président.

Pour Nageate Belahcen, la proposition des élus parisiens n’est que de « l’affichage » et n’est pas adaptée au quotidien des jeunes banlieusards pour qui les questions de transports sont un problème récurrent. La mère de famille appelle donc à ce que la gratuité des transports soit étendue aux communes limitrophes de Paris. « Ce serait une mesure sociale importante qui répondrait à une vraie problématique », souligne-t-elle.

Stéphane Troussel, président PS du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, encourage d’ailleurs Valérie Pécresse à se saisir de cette mesure. « La région Ile-de-France doit s’inspirer des mesures sociales mises en place par les collectivités de gauche pour baisser le coût des transports en Ile-de-France », affirme-t-il. « L’ensemble des Franciliens doit pouvoir bénéficier de tarifs sociaux », appelle-t-il de ses vœux. Interrogée par 20 Minutes mardi lors de la présentation de Navigo Easy, la présidente de la région Ile-de-France estime que ce n’est pas de sa compétence sachant que c’est une décision uniquement parisienne. La région a mis en place le remboursement du transport des stagiaires de 3e pour leur stage en entreprise.

La proposition de gratuité du titre de transport des 4-12 ans parisiens est soumise au vote à l’occasion du Conseil de Paris ce jeudi. Si elle est votée, elle entrera en vigueur à la rentrée prochaine.