Petits découpages politiques entre amis

Magali Gruet - ©2008 20 minutes

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Les négociations s'annoncent houleuses entre les partis politiques. L'UMP a décidé de procéder au redécoupage des circonscriptions législatives avant l'été prochain, sur demande du Conseil constitutionnel. Le projet de loi doit être présenté aujourd'hui au Conseil des ministres. A Paris, deux circonscriptions devraient disparaître, compte tenu de l'évolution de la population. « Ce sera un travail consensuel, l'opposition y est associée. On imagine mal faire cela sur des critères partisans », assure Philippe Riffaut, directeur de cabinet d'Alain Marleix (UMP), secrétaire d'Etat à l'Intérieur. Une affirmation qui fait hurler la gauche parisienne.

« La méthode de calcul va mener à avoir moins de députés dans les grandes métropoles, alors qu'elles grossissent. Comme par hasard, elles sont quasiment toutes à gauche », ironise Sandrine Mazetier (PS), députée de la 8e circonscription (12e arrondissement). Selon elle, « les circonscriptions du centre de Paris sont particulièrement concernées » car la droite voudra les faire glisser vers l'ouest, dans des bureaux plus favorables. Martine Billard, députée (Verts) de la 1re circonscription (1er, 2e, 3e et 4e arrondissements), se sent visée. Selon les différentes hypothèses, sa circonscription pourrait être étendue à des bureaux, acquis à l'UMP, du 5e et du 6e, ou être éclatée dans celles alentour. Elle laisse entendre que « le PS et l'UMP pourraient s'entendre sur [son] dos », et se souvient du « redécoupage Pasqua de 1986 ». « A l'époque, une rue du 20e avait été coupée en trois morceaux. Le premier était dans la 21e circonscription, le second dans la 6e, et le troisième à nouveau dans la 21e, afin de contourner les cités et de garantir un député à la droite ». « No comment », répond l'UMP sur ce point.