Nanterre: Une adolescente de 16 ans agressée et ses cheveux brûlés

FAIT DIVERS Mélyssa, 16 ans, a été prise à partie par un groupe de trois jeunes filles le 1er avril

S.A

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Un commissariat de police. (Illustration)
Un commissariat de police. (Illustration) — Clément Follain / 20 Minutes

Une embuscade suivie d’une agression d’une rare violence. Lundi 1er avril 2019, Mélyssa, 16 ans, est arrêtée puis attaquée par trois jeunes filles de son âge – dont deux connaissances – rue des Rosiers, à Nanterre (Hauts-de-Seine). Ces dernières la menacent « Soit tu rentres toute nue chez toi, soit on te tabasse pendant une heure, soit on te crame les cheveux. Il est 20h15, à 20h16, je choisis pour toi. » Ce sera la troisième option qui sera retenue, rapportent nos confrères du Parisien.

A l’origine de cette cruelle attaque, des mots échangés entre l’adolescente et l’auteure présumée des brûlures. « Elle a des soucis familiaux et ma fille lui a parlé de son frère, en lui disant qu’il ne serait pas fier de la fille qu’elle était devenue. Elle lui a alors tendu un guet-apens avec deux autres filles en utilisant un prétexte », explique Cahia Ben Lakdar, la mère de Mélyssa.

L’agression au briquet, qui a duré une quinzaine de minutes, a été diffusée sur le réseau social Snapchat. « En deux jours, j’ai reçu plus d’une soixantaine de messages sur l’application, ça n’arrêtait pas. On m’a reconnue et je me suis sentie humiliée », raconte Mélyssa au Parisien.

Deux mises en examen

Au lendemain de l’agression, l’adolescente a déposé plainte. Les agresseuses présumées ont passé 24 heures en garde à vue avant d’être déférées devant le juge pour enfants. Deux d’entre elles ont été mises en examen. La dernière mise en cause est repartie libre, indique le parquet de Nanterre. Les deux principales suspectes sont dans l’attente d’une convocation judiciaire pour un éventuel procès.

« Pour moi, mes cheveux, c’était tout, ils comptaient plus que le maquillage, témoigne Mélyssa au Parisien. Tous ceux qui me connaissent le savent. C’est sadique de brûler les cheveux de quelqu’un ! » L’adolescente a préféré se raser le crâne à cause de « trous de plusieurs centimètres ». Mais « elle a du mal à vivre avec cette nouvelle apparence », déclare sa mère.

Elan de solidarité

Le 12 avril dernier, Cahia Ben Lakdar, la mère de Mélyssa a partagé sur Facebook une série de photos des brûlures au 1er degré « avec l’accord » de sa fille « pour raconter ce qu’elle a vécu » et qui vit traumatisée « par cette atroce histoire ». « Un mélange de colère, de rage, de haine, de tristesse, de peine, me submerge », écrit-elle pour accompagner le message partagé plus d’un millier de fois.

Son but : sensibiliser les jeunes à « ce genre de violence gratuite ». La maman a par ailleurs porté plainte après des menaces de viol sur le réseau social Instagram par l’une des agresseuses présumées. A la suite de ce drame, Cahia Ben Lakdar a lancé une cagnotte Leetchi pour acheter des perruques à sa fille, qui a déjà récolté plus de 700 euros. Elle envisage aussi de créer une association pour venir en aide aux victimes de violences dans les quartiers.

Aujourd’hui, Mélyssa, étudiante en 1re année de Bac pro vente, a décroché un stage dans un magasin de prêt-à-porter parisien. Encore meurtrie, l’adolescente poursuit sa reconstruction. « J’aurais vraiment pu mourir brûlée vive… », confie-t-elle.