Trottinettes à Paris: «On continue dans le mur», «incapacité»... L'opposition réagit aux mesures

TRANSPORTS Interdiction de stationnement sur les trottoirs, limitation de vitesse à 20 voire 8 km/h: la maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé ce jeudi plusieurs mesures contre les trottinettes

Romain Lescurieux

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Une trottinette en libre-service, à Paris (illustration).
Une trottinette en libre-service, à Paris (illustration). — Clément Follain / 20 Minutes
  • Anne Hidalgo a présenté ce jeudi des mesures pour lutter contre les difficultés engendrées par les trottinettes.
  • De nombreux élus de la capitale s’agacent du manque d’anticipation.

Interdiction de stationnement sur les trottoirs, de rouler dans les parcs et jardins, réduction de la vitesse, du nombre d’engins et d’opérateurs… La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé ce jeudi un arsenal de mesures pour « en finir avec l’anarchie » des trottinettes déployées dans la capitale il y a maintenant un an. Ces annonces seront mises en vigueur début juillet alors que ce mode de transport est bloqué dans un flou juridique et une absence de réglementation. De nombreux élus de la capitale s’agacent du manque d’anticipation de la part de l’exécutif parisien sur ce dossier.

« La mairie a trois rames de métro de retard »

« La mairie a trois rames de métro de retard. Ils viennent de comprendre que leur charte de bonne conduite n’a aucun effet et que des mesures s’imposent.
Mais la mairie de Paris devrait surtout s’interroger sur les raisons qui poussent autant de Parisiens à utiliser la trottinette. Metro saturé, bus trop lents, embouteillages à gogo… Plus il y aura des problèmes de transports, plus il y aura des trottinettes à Paris !”, affirme Alexandre Vesperini, conseiller de Paris «Macron-compatible», membre des Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants.

« Laxisme et lâcheté »

« La gestion du free-floating par la mairie de Paris, ou comment conjuguer laxisme et lâcheté », tacle Pacôme Rupin, député et porte-parole de La République en marche Paris. « Comme souvent avec Anne Hidalgo, la faute est toujours celle des autres. Le cadre juridique de la LOM (loi d’orientation sur les mobilités) vise à permettre aux maires de réguler les offres de free-floating, pas de mieux gérer le stationnement et la circulation qui sont deux compétences de la ville où elle doit et peut agir. Elle (la Ville) doit assumer son retard de réaction et prendre en compte les milliers de piétons parisiens qui subissent ce laisser-faire », conclut-il.

« Incapacité viscérale à anticiper »

Le groupe Les Républicains et Indépendants (LRI) dénoncé l'« incapacité viscérale » de la mairie « à anticiper les grands mouvements et écouter le terrain », selon la présidente du groupe LRI Florence Berthout, qui dit recevoir chaque jour de nombreux « messages, mails, appels pour des accidents de trottinettes ».

« On continue dans le mur »

« On continue dans le mur mais on y va moins vite », ironise la conseillère de Paris de La France insoumise, Danielle Simonnet.

« Nous voulons une clause sociale »

« Au-delà des seules questions de sécurité, nous devons imposer des exigences sociales et environnementales pour tendre à une mobilité responsable. Nous voulons une clause sociale pour garantir l’exploitation de ces engins avec des emplois salariés de qualité, et une clause environnementale vérifiant l’impact environnemental du cycle de vie de ces engins », explique Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe communiste – Front de gauche au Conseil de Paris.