Municipales 2020 à Paris: Et si la trottinette était un des enjeux majeurs du scrutin?

POLITIQUE La maire de Paris Anne Hidalgo tient une conférence de presse ce jeudi consacrée à la régulation des trottinettes électriques. A neuf mois des élections, élus et candidats ont un avis sur la question

Romain Lescurieux

— 

Une cycliste et un homme à trottinette circulent sur la piste cyclable de la voie Georges-Pompidou, à Paris (15e).
Une cycliste et un homme à trottinette circulent sur la piste cyclable de la voie Georges-Pompidou, à Paris (15e). — Clément Follain / 20 Minutes
  • Anne Hidalgo annonce ce jeudi de nouvelles mesures concernant les trottinnettes.
  • A neuf mois des élections municipales, chaque élu, candidat (déclarés ou non) à la mairie, le sujet est au coeur des discussions.

« Il faudra faire de Paris le leader de la mobilité électrique. Une partie des Vélib’ deviendront électriques, permettant l’extension de son périmètre, Autolib’ s’étendra à toute la métropole, et le parc automobile municipal sera électrique ou hybride », relit-on dans le programme de campagne d’Anne Hidalgo en 2014, « Paris qui ose », dans la rubrique « développer la mobilité douce et électrique ». Cinq ans après, Autolib’n’est plus et les Vélib’patinent. Et un dispositif est venu semer le trouble : les trottinettes électriques en libre-service.

« De nouvelles mesures visant à mettre fin aux dérives constatées »

Arrivés en juin 2018, ces engins ont investi en quelques mois l’espace public parisien. Si les actuels opérateurs du marché gèrent aujourd’hui 15.000 trottinettes, le chiffre pourrait atteindre prochainement les 40.000. On les croise dans les rues à l’arrêt, déposées sauvagement ou bien en mouvement, avec une, voire deux personnes dessus. Face à un système coincé dans un flou juridique qui pose un certain nombre de questions – circulation, espace public, accidentologie, sécurité – la mairie de Paris tente d’agir.

Après la signature d’une « charte de bonne conduite » et des menaces d’interdiction provisoire, Anne Hidalgo tient une conférence de presse ce jeudi consacrée à la régulation de ces trottinettes électriques. Elle annoncera « de nouvelles mesures visant à mettre fin aux dérives constatées ». Seront-elles suffisantes ? Adulée par certains, détestée par d’autres, la trottinette a en tout cas le mérite de faire parler d’elle. Et à neuf mois des élections municipales, chaque élu, candidat (déclaré ou non) à la mairie se doit, semble-t-il, d’avoir un avis, une proposition sur la question, ou une critique.

« Nous sommes face à la faillite de la mairie de Paris »

« J’ai vu venir le problème depuis longtemps », lâche Gaspard Gantzer, candidat à la mairie de Paris. « Il faut faire un moratoire de toute urgence. Les trottinettes sont dangereuses, pas écologiques et elles saturent l’espace public. Nous sommes face à la faillite de la mairie de Paris sur la gestion de l’espace public et Anne Hidalgo a perdu beaucoup de temps sur la question », poursuit-il. Pour le candidat, il faut mettre en place un système d’autorisation pour les opérateurs qui voudraient se lancer à Paris ou encore l’interdiction de les déposer sauvagement. « Ce sont les opérateurs qu’il faut sanctionner pas les usagers », conclut-il.

Autre candidat « sans étiquette », Pierre-Yves Bournazel – qui a claqué la porte du groupe LR ce mercredi – regrette le manque d’action de la ville. « La mairie n’a pas vu, ni anticipé le phénomène. Elle a même participé à cette désorganisation de l’espace public avec la déconstruction du Vélib' et d’Autolib' », commente-t-il. Selon lui, il faut « établir des règles », notamment sur la vitesse et le stationnement pour « apaiser » l’espace public.

« Goutte d’eau » et « enjeu clé »

Pour le candidat des Verts aux municipales, David Belliard, « les trottinettes sont la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». « Les rues et les trottoirs sont trop encombrés. Il faut trouver une place pour chacun. Cela commence par la vitesse, réguler et donner plus de place pour les vélos, les trottinettes et les piétons », indique-t-il.

« Ce sujet va être un enjeu clé du scrutin », réagit de son côté, Alexandre Vesperini, élu du groupe Parisiens progressistes, constructifs et indépendants (PPCI, pro-Macron). « Plus globalement, c’est le sujet des modes de déplacements dans l’espace public qui est primordial. Et on sait bien que les trottinettes ont remplacé le Vélib' ». Lui, va porter au Conseil de Paris qui s’ouvre la semaine prochaine, un certain nombre de propositions. Notamment de déployer avant le 1er juillet des zones marquées au sol dédiées au stationnement des trottinettes. L’élu prône aussi que la Ville de Paris crée au sein de la DPSP une brigade exclusivement chargée des trottinettes composée de 50 équipages, afin de verbaliser le stationnement illégal au milieu des trottoirs.