We Love Green a trouvé la solution pour mettre fin aux files d'attente aux toilettes des femmes

EGALITE Plus de trente urinoirs féminins mobiles et écologiques seront disponibles pour la première fois pendant le festival We Love Green, samedi et dimanche à Paris

Juliette Desmonceaux

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La huitième édition du festival We Love Green se tiendra du 1er au 2 juin au Bois de Vincennes (XIIe arrondissement de Paris).
La huitième édition du festival We Love Green se tiendra du 1er au 2 juin au Bois de Vincennes (XIIe arrondissement de Paris). — S. Edmond/Sipa
  • L’idée d’un urinoir féminin est venue à Nathalie des Isnards en 2015. A l’époque, elle rate la première partie d’un concert lors d’un festival à cause d’une trop longue file d’attente pour les toilettes.
  • Au festival We Love Green, l’idée a séduit. « Le temps d’attente aux toilettes pour les femmes est un enjeu majeur des grands événements comme les festivals », reconnaît-on.
  • Papier et ​urine sont par ailleurs recyclés.

Si on ne l’a pas expérimenté, on en a au moins été témoin : le temps d’attente aux toilettes publiques est toujours plus long pour les femmes. En moyenne, elles doivent patienter 30 fois plus longtemps que les hommes. « Il y a une inégalité absolument flagrante au quotidien », dénonce Nathalie des Isnards, fondatrice de la start-up madamePee.

Pour y remédier, la créatrice d’entreprise a lancé un urinoir féminin, similaire au modèle présenté lors du concours Lépine début mai. Equivalent pour les femmes des pissotières de plein air fréquemment installées lors de manifestations publiques, l’urinoir féminin permet aux femmes d’assouvir rapidement une envie pressante de façon hygiénique et écologique, tout en restant à l’abri des regards indiscrets. Trente urinoirs féminins, auxquels s’ajoutent cinq modèles madamePee, seront installés pour la première fois le week-end du 1er et du 2 juin au bois de Vincennes pour le festival de musique We Love Green.

« Un besoin quotidien et universel »

L’idée est venue à Nathalie des Isnards en 2015. A l’époque, elle rate la première partie d’un concert lors d’un festival à cause d’une trop longue file d’attente pour les toilettes. Trois ans plus tard, les premiers urinoirs féminins mobiles sont nés. « C’est un sujet un peu négligé, souvent les femmes elles-mêmes se sont même résignées à se retenir, alors que faire pipi, c’est un besoin quotidien et universel », explique-t-elle.

A We Love Green, l’idée a séduit. « Le temps d’attente aux toilettes pour les femmes est un enjeu majeur des grands événements comme les festivals », explique Najma Souroque, en charge du développement durable de l’événement. Objectif : permettre aux femmes de « profiter plus des concerts », assure-t-elle.

Papier et urine sont recyclés

Autoproclamé « écofestival » et toujours attentif aux innovations dans le domaine environnemental, We Love Green a sans surprise été également sensible à la dimension écologique des urinoirs féminins. Ne nécessitant pas de branchement d’eau, le sanitaire fonctionne en évacuation continue. Papier et urine sont par ailleurs recyclés. « Les urinoirs féminins favorisent les économies en eau et en produits chimiques », ajoute Najma Souroque.

L’intérêt des urinoirs féminins va même plus loin, selon Nathalie des Isnards. Pour elle, l’absence d’urinoir pour femmes reflète les inégalités entre les femmes et les hommes qui règnent toujours.

L’espace public a été conçu par les hommes et donc pour les hommes. A cause de ça, quelque chose d’aussi évident et important que d’aller aux toilettes dehors quand on est une femme a complètement été occulté. »

Cette année, le festival a investi 10.000 euros pour installer les urinoirs. Objectif à long terme pour Nathalie des Isnards : que les stades, théâtres, boîtes de nuit installent autant d’urinoirs féminins et masculins. Prochain rendez-vous d’ici là pour les urinoirs de madamePee sur les quais cet été pour Paris Plages.