Paris: Vers un clap de fin pour la boîte de nuit Concrete?

SOCIETE Un conflit oppose Concrete et la propriétaire de la barge située port de la Rapée dans le 12e arrondissement de Paris

Romain Lescurieux

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Dj - Illustration.
Dj - Illustration. — LaurentVu/SIPA
  • Concrete, le célèbre club du port de la Rapée (12e), est menacé d’expulsion.
  • La propriétaire réfute. Le dossier est actuellement entre les mains de la justice.
  • Près de 14.000 personnes ont d’ores et déjà signé une pétition pour sauver l’endroit.

Avis de tempête. Depuis 2012, Concrete fait vibrer les bords de Seine dans le 12e arrondissement mais le club parisien spécialisé dans les musiques électroniques est actuellement menacé. « Notre état d’esprit est similaire à celui que toute personne ressent quand il passe une longue période de sa vie à construire quelque chose par passion et que pour des raisons obscures on veut lui détruire ce qu’il a créé du jour au lendemain sans explication », déplore auprès de 20 Minutes Aurélien Dubois, président de l’agence Surprize, qui gère la boîte de nuit. Dans un communiqué, l’agence a détaillé la situation.

« Décision incompréhensible »

Concrete est installée sur une bargeLe Ponton la Rapée amarrée au port de la Rapée. Depuis sept ans, l’agence Suprize, au travers de la SAS le Ponton loue cette barge à la société Bateaux de Paris Ile-de-France (BPIF) pour exploiter les événements Concrete.

Alors qu’en 2015 BPIF a « fait part de sa volonté de céder sa société, fin décembre 2018 », explique Surprize, « la société exploitante de Concrete a adressé une promesse d’achat conforme aux exigences préalablement posées ». « Mais contre toute attente, cette offre d’achat a été rejetée sans explication par la dirigeante de la société BPIF, qui parallèlement a refusé le renouvellement de l’exploitation des événements Concrete après le 31 janvier 2019 », note le communiqué.

« Tout ce qui est dit n’est que mensonge »

Le 11 février, BPIF aurait fait délivrer une sommation de quitter les lieux sous 15 jours. « Malgré tous les efforts pour tenter une négociation avec l’aide d’un conciliateur, la société BPIF a refusé toute discussion », ajoute l’agence. Contactée par 20 Minutes, la société BPIF réfute cette version des faits. « Tout ce qui est dit n’est que mensonge. C’est scandaleux. Il n’y a pas d’expulsion, nous sommes obligés d’enlever notre ponton », affirme la propriétaire. Mais quid de l’avenir alors que l’affaire est désormais entre les mains de la justice ?

« Nous sommes déterminés à lutter contre la décision incompréhensible de la société BPIF et la manière dont elle procède pour expulser Concrete », affirme l’équipe, qui a reçu des soutiens d’élus parisiens, dont celui de la maire Anne Hidalgo, d’amateurs de musique ou de vie nocturne et de DJ comme Laurent Garnier. « Nous restons concentrés pour que l’activité de Concrete continue son exploitation de façon tout à fait normale, là est notre priorité par respect pour notre public et pour les artistes qui viennent jouer à Concrete », précise Aurélien Dubois.

« C’est un lieu symbolique »

Frédéric Hocquard, conseiller à la mairie de Paris chargé des questions relatives à la « Nuit » fait notamment part de son soutien. « Nous tenons beaucoup à cet endroit. C’est un lieu symbolique, qui compte dans la musique électronique et qui a redynamisé la vie nocturne à Paris », commente-t-il auprès de 20 Minutes et de préciser : « C’est un vrai lieu festif comme on les aime ». Une pétition a également été lancée pour sauver le club. Près de 14.000 personnes ont d’ores et déjà signé.

« Nous espérons que tous ces messages de soutien seront entendus par ceux qui tentent de nous expulser et que le dialogue pourra à nouveau s’installer. Tout est fait de notre côté pour préserver Concrete car il est insoutenable d’imaginer ne plus pouvoir inviter les nombreux artistes que nous faisons jouer [près de 6.500 depuis le début de Concrete] de recevoir notre public [près de 2 millions depuis son ouverture] ainsi que de mettre le personnel de Concrete [70 personnes] dans une situation précaire sans compter tous les intermittents qui travaillent avec nous », commente Aurélien Dubois. Il conclut : « Cela serait un immense gâchis et un lourd préjudice pour toute la scène électronique. »