Paris: Le kiosquier de Barbès tire définitivement le rideau après son agression

SOCIETE Le kiosquier implanté depuis des années à Barbès et actif sur les réseaux sociaux a décidé de pas rouvrir sa boutique

R.L.

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Le marché de Barbès ce mercredi matin
Le marché de Barbès ce mercredi matin — R.LESCURIEUX

« Oui j’arrête parce que prendre des coups pour vendre des journaux, à un moment donné, c’est bon. J’ai essayé de résister mais aujourd’hui, je ne suis pas prêt à rouvrir », a expliqué ce lundi soir sur le plateau de BFM Paris, Samir Lebcher, kiosquier à Barbès. A la suite de son agression qui s’est déroulée la semaine dernière dans le quartier alors qu’il fermait sa boutique, le kiosquier implanté depuis des années à Barbès et actif sur les réseaux sociaux, a en effet décidé de pas rouvrir son kiosque.

« Barbès, c’est fini pour moi »

Il avait déjà jeté l’éponge en septembre dernier en raison des difficultés à travailler dans le quartier pour finalement revenir. Mais son agression par un pickpocket semble être la goutte d’eau. « En fermant mon kiosque j’ai été agressé par un pickpocket s’en prenant à moi en venant dans mon dos ! Et s’enfuyant par la suite ! Inadmissible, impossible de travailler dans cette cacophonie ! #Insecurité et #Danger règne à cet emplacement ! #Fermeture », avait-il tweeté.

Malgré les soutiens de nombreux habitants et élus, dont la maire de Paris, Anne Hidalgo, il ne veut pas rouvrir. « Ça fait un moment que je travaille là-bas et que j’alerte sur des conditions qui ne sont pas normales. On est face à une misère sociale qui s’est implantée dans ce quartier et je ne suis pas le seul à dénoncer les problématiques (…) Là c’était un coup de poing, la prochaine c’est quoi ? Un coup de couteau ? », poursuit-il sur BFMTV.

« Finalement, cette période est une bonne occasion pour moi de réfléchir à ma reconversion, j’ai déjà plusieurs pistes sérieuses, mais je me laisse le temps de la réflexion. Ce que je sais c’est que Barbès, c’est fini pour moi », détaille-t-il auprès du site de l'association Action Barbès. Samir Lebcher travaillait depuis dix ans dans le quartier, reprenant l’affaire de son père installé à Barbès depuis 1976.