Trottinettes à la fourrière: «Je ne vais pas la jouer Al Pacino à chaque fois, mais je veux rappeler les règles», souligne le maire du 13e

TRANSPORTS Jérôme Coumet, maire du 13e arrondissement (PS), a décidé de mener des opérations d’enlèvement et de conduite à la fourrière des trottinettes mal garées sur les trottoirs

Propos recueillis par Romain Lescurieux

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Des trottinettes sur un trottoir à Paris. (Illustration)
Des trottinettes sur un trottoir à Paris. (Illustration) — Clément Follain / 20 Minutes

Jérôme Coumet, le maire du 13e arrondissement (PS), en a ras le bol et veut le faire savoir. Vendredi, il a diffusé une vidéo sur Twitter, qui a été vue à ce stade 337.000 fois. Une séquence adressée aux opérateurs de trottinettes électriques. « Regardez-moi bien dans les yeux. Les trottinettes électriques mal garées sur les trottoirs, c’est terminé. Régulièrement, nous organiserons des opérations d’enlèvement et de conduite systématique à la fourrière », explique-t-il. Il revient pour 20 Minutes sur son coup de gueule.

Jérôme Coumet, maire du 13e arrondissement

Pourquoi avoir décidé une telle action ?

J’ai décidé cela car je me dois de défendre les piétons. Les trottinettes électriques, quand elles sont bien rangées, c’est ok. Mais quand on voit les dérives, quand elles sont au milieu du trottoir, c’est insupportable et donc nous les pourchasserons. C’est notamment dangereux pour les personnes mal et non-voyantes et les personnes à mobilité réduite. Le 13e arrondissement est tout aussi touché que le reste de la capitale.

A travers ces enlèvements que voulez-vous dire aux opérateurs de trottinettes ?

Je ne vais pas la jouer Al Pacino à chaque fois, mais je veux rappeler les règles car il y a un je-m’en-foutisme permanent. Les opérateurs doivent prendre leurs responsabilités. Ils ne peuvent plus faire n’importe quoi car nous ne laisserons pas faire. Ces opérateurs ne semblent connaître que la loi de l’argent, donc allons-y également.

Comment vont s’organiser ces opérations dans le temps ?

Nous en avons quelques dizaines à la fourrière. C’est désormais aux opérateurs de les récupérer en payant les frais de fourrière et une amende de 35 euros par engin. La première opération c’était pour communiquer et rappeler les règles aux opérateurs et utilisateurs. Mais nous allons continuer de mener ces opérations très régulièrement pour dire « attention, il y a des règles ».

Une charte de bonne conduite a été signée entre la mairie de Paris et les opérateurs. Elle ne va pas assez loin, selon vous ?

J’ai fait exprès d’attendre qu’elle sorte, tout en laissant passer une sorte de période de sensibilisation. Mais il faudrait engager une réflexion avec l’État pour que les villes puissent réglementer sur la circulation, le stationnement et la vitesse de ces engins.