Nanterre: Le projet de rénovation des tours nuages prévoit de recouvrir les mythiques mosaïques

PATRIMOINE La mairie de Nanterre a présenté le projet de rénovation et de réhabilitation des mythiques tours de l’architecte Aillaud, qu’elle espère faire valider auprès du ministère de la culture

Marie De Fournas

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Les tours nuages à Nanterre en 2019
Les tours nuages à Nanterre en 2019 — Mairie de Nanterre
  • Construites dans les années 1970 sur les plans de l’architecte Émile Aillaud, les tours nuages sont de forme arrondie, qui leur donne un air de nuage vu du ciel, leurs façades recouvertes de mosaïques.
  • Les architectes qui ont obtenu le marché proposent de recouvrir les bâtisses de métal.
  • Une tour va être détruite afin d’ouvrir la cité sur le parc André Malraux et six autres, situées à trois points distincts, n’auront plus de logements sociaux.

Un changement radical. Ce mercredi, la mairie de Nanterre présentait son projet de rénovation des tours Aillaud, aussi appelées tours nuages, situées au cœur du quartier Pablo-Picasso. Patrick Jarry, le maire de la ville doit également le présenter au ministère de la culture vendredi. Il espère obtenir une validation pour lancer les travaux à l’automne 2019.

Si l’accord d’une si grande instance est de rigueur, c’est que ces immeubles de logements sociaux, construits dans les années 70 sur les plans de l’architecte Émile Aillaud, font partie du patrimoine architectural d’Ile-de-France. De forme arrondie, qui leur donne un air de nuage vu du ciel, leurs façades recouvertes de mosaïques sont parsemées de fenêtre-ublos carrées, rondes et en feuille de sauge.

Inox teinté qui réfléchira la lumière de différentes façons

Le projet de rénovation ne compte pas toucher à la forme des bâtiments, ni aux fenêtres. En revanche, l’aspect extérieur des tours pourrait lui radicalement changer. Les architectes qui ont obtenu le marché proposent de recouvrir les bâtisses de métal. « Pour la couleur, il s’agira d’inox teinté qui réfléchira la lumière de différentes façons selon la luminosité, l’orientation ou encore les nuages dans le ciel », détaille Dominique Renaud, architecte de l’Agence RVA.

Aperçu du futur projet des tours nuages, recouvertes de plaques de métal.
Aperçu du futur projet des tours nuages, recouvertes de plaques de métal. - Agence RVA

Un choix esthétique qui hérisse le poil des amoureux des mosaïques, mais qui pour les professionnels, reste la meilleure solution. « Les bailleurs dépensent 500 à 800 mille euros par an pour ces faïences qui se décollent tous les jours et tombent parfois de très haut avec des morceaux de béton », justifie Dominique Renaud. Bertrand Monchecourt, architecte du patrimoine DPLG explique que l’eau s’infiltre par les joints, oxyde le fer dans les parois ce qui provoque l’éclatement du béton.

L’architecte diplômé du gouvernement a cependant étudié la possibilité de rénover une des tours en conservant les mosaïques. Il s’agit de l’une des deux tours de 100 mètres de haut, particulièrement colorés et emblématique. Elle apparaîtrait ainsi comme une sorte de témoin du vaste projet architecturale d’Émile Aillaud. Cette option fait partie du dossier qui sera présenté au ministère de la culture.

Médiathèque, ferme urbaine et 260 logements en accession

Les architectes en accord avec la mairie et les bailleurs proposent enfin de changer l’usage de certaines tours. Une va être détruite afin d’ouvrir la cité sur le parc André Malraux et six autres, situées à trois points distincts, n’accueilleront plus de logements sociaux.

Au total près de 500 logements sociaux vont ainsi laisser place à 260 logements en accession et 20.000 m² d'activités, de services et d’équipement. Les experts évoquent des locaux pour des associations, un restaurant, des résidences pour chercheurs, un centre de santé, une médiathèque, une salle d’exposition, une résidence pour jeunes ou encore une ferme urbaine.

Des changements qui visent à ramener de la mixité sociale dans le quartier Pablo-Picasso composé à 95 % de logement sociaux et où le maire assure que 80 % des offres de logements sont aujourd’hui refusées. « Ce quartier en crise sociale et urbaine a besoin d’un signe fort pour reprendre espoir et confiance », lance le maire qui assume entièrement ces partis pris audacieux qu’il compte bien faire accepter à tous.