VIDEO. «Ce qui m’intéresse, c’est le personnage», comment vit-on le procès Balkany à Levallois-Perret?

REPORTAGE Maire de Levallois-Perret depuis plus de trente ans, Patrick Balkany est jugé pour « fraude fiscale » depuis lundi avec son épouse Isabelle.

Juliette Desmonceaux

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Jugé pour "fraude fiscale", Patrick Balkany a été élu maire de Levallois-Perret pour la première fois en 1983.
Jugé pour "fraude fiscale", Patrick Balkany a été élu maire de Levallois-Perret pour la première fois en 1983. — Thomas Samson afp.com
  • Patrick et Isabelle Balkany sont jugés pour « fraude fiscale », « corruption » et « prise illégale d’intérêt ». Ils sont soupçonnés d’avoir caché 13 millions d’euros au fisc.
  • Le procès, commencé lundi, doit durer six semaines. Ils encourent dix ans de prison.
  • Patrick Balkany a été élu maire de Levallois-Perret pour la première fois en 1983. Il poursuit actuellement son sixième mandat.
  • Les Levalloisiens sont partagés entre intérêt et lassitude pour la chronique judiciaire des époux Balkany.

 

Quand on évoque son nom sur le marché de Jean-Zay, à Levallois-Perret, le maire de la ville ne laisse pas indifférent. « Balkany ? Bien sûr, on suit son procès ! », lance d’un ton amusé Marie-Amélie, 35 ans, les bras chargés de course.

Le procès de Patrick Balkany, jugé pour fraude fiscale avec son épouse Isabelle, a débuté lundi et doit s’étendre sur six semaines. Certains habitants de Levallois-Perret ( Hauts-de-Seine), dont il est maire depuis plus de trente ans, suivent avec intérêt ce nouvel épisode judiciaire dans la vie de leur élu.

« On est concernés en tant qu’habitants »

Pour Chantal, 62 ans, suivre le procès de Patrick Balkany relève de l’évidence. « C’est notre maire, donc ça m’intéresse », assure-t-elle entre deux commandes de carottes et de navets chez le vendeur de fruits et de légumes du marché. La jeune retraitée suit le sujet avec attention tous les matins à la télévision. « Je vis à Levallois-Perret depuis trente ans. J’ai vu la ville changer et mes enfants grandir ici », explique-t-elle avec un large sourire.

Même discours chez Françoise, 69 ans. « On est concernés en tant qu’habitants, donc on va suivre les péripéties avec mon mari », explique-t-elle. Les discussions sur le sujet restent en revanche réservées au cadre privé. « J’en parle avec mon époux, mais c’est tout », précise-t-elle.

A l’école Jean de La Fontaine, à l’inverse, on n’hésite pas à évoquer le procès entre collègues à l’occasion d’une pause cigarette devant l’établissement. Pour Biljana et Karine, dames de service depuis de nombreuses années dans la commune, Patrick Balkany est un visage familier. « On le croisait souvent et il est venu nous voir à l’école plusieurs fois », raconte Karine. Les deux femmes assurent suivre le procès comme elles le peuvent. « Au journal télévisé ou sur mon téléphone, je me débrouille. J’ai envie de savoir ce qu’il va lui arriver, c’est sûr », précise Biljana.

« Un personnage » dans la commune

Chez d’autres habitants, les réactions sont plus virulentes à l’évocation du nom Balkany. « Les voleurs ? Ah, on sait comment ça va se terminer », lance Sylviane, retraitée de 66 ans, d’un ton désabusé. La Levalloisienne est loin d’être la seule à suivre le procès seulement de loin, par désillusion sur le sujet. « C’est le énième procès, je ne m’attends à rien », lance Marie, 40 ans, d’un ton las. Matthieu, chef de cuisine au Bistrot du Coin, confirme. « Les clients lancent parfois des petites piques sur le sujet, mais ça reste calme. Ça fait longtemps que ça dure, cette histoire », note-t-il.

Le charisme du maire et de son épouse continuent toutefois d’attirer l’attention de certains habitants. « Les affaires, c’est un sujet ancien, moi ce qui m’intéresse, c’est le personnage », assure Valérie, 50 ans, lunettes de soleil sur le nez et peau bronzée.

« J’ai vu la vidéo de son échange avec son avocat », évoque de son côté Marie. « Ça m’a rappelé quand il venait sur le marché, c’était un vrai acteur ! », clame-t-elle avec un petit rire.