Paris: Pourquoi la ville menace-t-elle d'interdire les trottinettes électriques?

SOCIETE Les opérateurs de location de trottinettes électriques et la Mairie de Paris ont signé ce lundi une «charte de bonne conduite» pour renforcer la régulation de la circulation dans la capitale

R.L. avec AFP

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Une trottinette en libre-service, à Paris (illustration).
Une trottinette en libre-service, à Paris (illustration). — Clément Follain / 20 Minutes
  • Les opérateurs de location de trottinettes électriques et la Mairie de Paris ont signé lundi une «charte de bonne conduite».
  • «Avec cette charte nous espérons que c'est une étape dans la construction d'une bonne relation avec les opérateurs», a déclaré Christophe Nadjovski, adjoint aux transports, à la maire de Paris. 

Stationnement anarchique, critiques... Face à un système de trottinettes électriques coincé dans un flou juridique qui pose un certain nombre de questions – circulation, espace public, accidentologie, sécurité - la mairie de Paris tente d'agir.

Les opérateurs de location de trottinettes électriques et la Mairie de Paris ont signé lundi une «charte de bonne conduite» pour renforcer la régulation de la circulation et du stationnement des trottinettes en libre-service dans la capitale. Si dans les prochaines semaines, les opérateurs ne trouvent pas une solution au « bordel généralisé », comme l’a décrit Jean-Louis Missika, la ville pourrait interdire les trottinettes provisoirement, indique Le Parisien. 

La situation arrive à «saturation»

La prolifération de ce mode de transport qui a conquis les rues parisiennes en quelques mois s'est transformée en casse-tête, que la Ville, mais aussi le gouvernement, cherchent à réguler. Elles sont environ 15.000 à Paris dont la situation arrive à «saturation», selon la mairie. 

«Avec cette charte nous espérons que c'est une étape dans la construction d'une bonne relation avec les opérateurs», a déclaré Christophe Nadjovski, adjoint aux transports, lors d'une conférence de presse en présence des opérateurs signataires : Lime, Bird, Bolt, Jump, Wind, Tire, Hive, Dott, Voi et Flash. 

Dans cette charte préparée pendant plusieurs mois, les dix opérateurs présents sur l'espace public parisien s'engagent «à mettre les trottinettes dans des emplacements dûment spécifiés et répertoriés» et à «faire en sorte» que les usagers y aient recours.

Une démarche «solidaire et durable»

Début avril, le Conseil de Paris s'était engagé à créer 2.500 places de stationnement dédiées aux trottinettes. La Ville avait également adopté une série de mesures dont la verbalisation à hauteur de 135 euros en cas de circulation sur les trottoirs et 35 euros en cas de stationnement gênant.

La Ville exige également des opérateurs qu'ils mettent «gracieusement» à sa disposition «des données sur le déploiement et l'usage du service» destinées à une «meilleure connaissance des flux» et «l'optimisation des espaces de stationnements».

Les opérateurs s'engagent aussi dans une démarche «solidaire et durable» en étant vigilants au recyclage des trottinettes, à l'approvisionnement en électricité verte ou encore à leur responsabilité sociale envers les salariés et prestataires.

« Interdire provisoirement en attendant la nouvelle loi »

«Si l'autorégulation échoue, la seule solution (...) consist(era) à interdire provisoirement en attendant la nouvelle loi», a prévenu Jean-Louis Missika, adjoint à l'urbanisme à la Mairie de Paris, en évoquant le projet de loi d'orientation des mobilités (LOM).

Ce texte, qui doit être adopté en juillet, définit le cadre d'utilisation des engins en libre-service comme les trottinettes ou les vélos. Jean-Louis Missika a souhaité qu'il permette aux villes de «contingenter le nombre de trottinettes».

De leur côté, les opérateurs ont salué la signature de cette charte et les «règles nécessaires», selon Arthur Jacquier, directeur général de Lime en France, leader sur le marché parisien avec «quelques milliers» de trottinettes à Paris, alors que le directeur France de Bolt, Henri Capoul, s'est dit «ravi de travailler avec la Mairie de Paris».