Paris: La passagère refusée d’un bus pour sa jupe veut que «la vérité soit dite»

ENQUETE La jeune femme continue d’accuser un chauffeur de bus de lui avoir refusé l’accès au motif qu’elle portait une jupe

J.D.

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Un bus électrique de la RATP, à Paris. (Illustration)
Un bus électrique de la RATP, à Paris. (Illustration) — Clément Follain / 20 Minutes
  • Elise Bencheikh, 29 ans, affirme que le 30 avril dernier, un conducteur de bus RATP a refusé de lui ouvrir ses portes car elle était vêtue d’une jupe.
  • La jeune femme refuse de porter plainte, mais demande que « la vérité soit dite ».
  • Le chauffeur nie cette version des faits et a déposé plainte pour « discrimination sur le fondement de l’appartenance, vrai ou supposée, à une religion déterminée » selon son avocat.

Elle maintient sa version des faits. Elise Bencheikh, 29 ans, visée par une plainte pour « dénonciation calomnieuse », continue d’accuser un chauffeur d’un bus RATP de l’avoir refusé dans le véhicule au motif, selon elle, qu’elle était vêtue d’une jupe, selon une information de l’AFP. « Je veux que la vérité soit dite », clame-t-elle aujourd’hui, tout en refusant toujours de porter plainte.

L’histoire avait fait le tour des réseaux sociaux

Il était aux alentours de 23 heures quand Elise Bencheikh, accompagnée d’une amie, attend le bus dans le 19e arrondissement de Paris. Alors que le véhicule s’arrête à leur hauteur, les portes ne s’ouvrent pas et le bus repart, sans elles. Les jeunes femmes rattrapent alors le bus un peu plus loin. « On a toqué à sa porte, et [le chauffeur] me dit "tu jetteras ta clope et tu n’as qu’à te rhabiller" », raconte-t-elle en présence de son avocat Me Richard Malka.

L’histoire de la jeune femme avait fait le tour des réseaux sociaux après un post de son père, l’écrivain Kamel Bencheikh, effacé depuis, dans lequel il raconte la mésaventure de sa fille. Le message, que ne partage pas entièrement sa fille, débutait par « je revendique mon islamophobie » et mettait en avant l’origine du conducteur, le décrivant comme un « barbu de type maghrébin ».

Le chauffeur a déposé plainte pour discrimination fondée sur l’appartenance religieuse

L’avocat du chauffeur, Me Samim Bolaky, avait répliqué la semaine dernière auprès de l’AFP, expliquant que son « client n’a aucune pratique religieuse affectant son activité professionnelle ». Le conducteur aurait marqué l’arrêt, mais les deux jeunes femmes « continuaient à fumer devant les portes de son bus », qu’il n’avait donc pas ouvertes, toujours selon l’avocat.

Me Bolaky a déposé une plainte pour « discrimination sur le fondement de l’appartenance, vrai ou supposée, à une religion déterminée » ainsi que pour « dénonciation calomnieuse » et pour « faux et usage de faux ».

« J’ai subi un préjudice et en plus on m’accuse de mentir », a réagi Mme Bencheikh à l’AFP. « Mais avec le recul, je me dis que ça peut permettre une enquête, et que ça pourra faciliter la vérité ». Une enquête interne a aussi été ouverte par la RATP.