Paris: La police nationale lance une campagne de recrutement dans un contexte tendu

REPORTAGE La police nationale a lancé ce vendredi une nouvelle campagne de recrutement en proposant une expérience immersive sur la place de République (IIIe arrondissement)

Juliette Desmonceaux

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Le stand d'expérience immersive proposé par la police nationale sur la place de la République le 10 mai 2019.
Le stand d'expérience immersive proposé par la police nationale sur la place de la République le 10 mai 2019. — Juliette Desmonceaux
  • La police nationale lance sa nouvelle campagne de recrutement ce vendredi en organisant des événements dans la rue. Après la première étape à Paris, les forces de l’ordre se déplaceront à Reims, Lyon ou encore Nantes.
  • Objectif cette année : recruter 3.500 nouveaux jeunes. Les inscriptions pour le concours de gardien de la paix sont déjà lancées et restent ouvertes jusqu’à mi-juillet.
  • Cette campagne est lancée dans un contexte particulier pour les forces de l’ordre, très mobilisées avec les « gilets jaunes ».

Sac à dos sur les épaules et casque de réalité augmentée sur le nez, Angelo s’extasie devant le spectacle offert par les lunettes. Au programme : une expérience immersive avec le  RAID, unité d’élite de la police nationale. « Oh, ils ont explosé la porte ! » lance-t-il sous les rires de ses copains. Le lycéen de 18 ans passait par hasard près de la place de la République (IIIe arrondissement) avec ses amis quand ils ont aperçu le stand de la police nationale. « Ça m’intéresse beaucoup ! Il y a de l’action et puis j’aime bien le travail en équipe », explique-t-il.

Pour sa nouvelle campagne de recrutement, la police nationale a innové cette année. Sur les habituels stands tenus par des effectifs de la police-secours, de la police scientifique ou encore de la brigade criminelle, les visiteurs sont invités à suivre un parcours immersif en trois étapes pour mieux appréhender les différentes facettes du métier : « protéger, enquêter, intervenir ». Avec comme objet phare, le casque de réalité virtuelle qui permet de s’immerger dans une opération de police.

Le dispositif a clairement été pensé pour attirer les jeunes candidats potentiels dans un contexte particulièrement tendu pour les forces de l’ordre. « Le côté techno, c’est ce qui permet de casser la barrière avec les jeunes. Souvent, ils sont attirés d’abord par ça et s’intéressent ensuite à notre campagne de recrutement », affirme Charlotte Pasco, responsable des réseaux sociaux au sein de la police nationale.

3.500 recrutements prévus en 2019

L’enjeu est élevé. L’institution est en pleine période de recrutement. « Nous avons de gros besoins parce qu’il a été décidé d’augmenter les effectifs et parce qu’il y a un phénomène générationnel, beaucoup de policiers partent à la retraite », explique Eric Morvan, directeur général de la police nationale, présent sur le stand.

Au total, 3.500 gardiens de la paix doivent être recrutés cette année. Si les candidats ne manquent pas, la période se révèle un peu particulière cette année. Avec les nombreuses manifestations des  « gilets jaunes » et la menace terroriste toujours présente, les forces de police ont été particulièrement mobilisées. L’augmentation du nombre de suicides de policiers ces derniers mois ne favorise pas non plus le recrutement.

« On est dans un contexte spécifique en ce moment », reconnaît Camille Chaize, porte-parole de la police nationale. « Mais avec cette campagne, l’idée est d’aller à la rencontre des gens. On est là pour répondre à leurs questions, il n’y a pas de tabou » ajoute-t-elle.

Une policière répond aux questions d'une visiteuse sur le stand.
Une policière répond aux questions d'une visiteuse sur le stand. - Juliette Desmonceaux

Un nouveau concours interne en préparation

« Nous travaillons actuellement à rétablir une police de terrain qui serait moins une police de la crise », ajoute Eric Morvan. Dans ce but, un « nouveau concours interne » est en train d’être créé pour les fonctionnaires de catégorie C avec au moins quatre ans d’expérience, a-t-il annoncé. Il devrait permettre de recruter des policiers déjà implantés dans des territoires perçus comme peu attractifs. Il ne se dit pas inquiet. « L’enjeu, c’est de retenir gens qui savent quelle carrière ils embrassent et quelles sont les contraintes du métier », poursuit-il.

La police nationale compte aujourd’hui plus de 140.000 hommes et femmes dans ses rangs. Et les candidats ne manquent pas : ils sont en moyenne 25.000 candidats à se présenter au concours chaque année.