Paris: La jeune femme interdite de bus pour avoir porté une jupe ne porte pas plainte

ENQUETE Une jeune femme s'est vu refuser l'accès à un bus de la RATP par un chauffeur dans le XIXe arrondissement de Paris le 30 avril. Elle demande des «mesures» pour mettre fin à ce type d'incidents

J.D.

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Un bus de la ligne 39, à Paris (illustration).
Un bus de la ligne 39, à Paris (illustration). — Clément Follain / 20 Minutes
  • Elise, 29 ans, et une amie se sont vues refuser l’accès à un bus dans le XIXe arrondissement de Paris le 30 avril au soir. La raison, selon elles ? Les jeunes femmes sont toutes deux vêtues d’une jupe.
  • Si elle n’a pas porté plainte, elle attend des excuses de la RATP et la prise mesures pour empêcher un renouvellement de ce type de discrimination.
  • Le chauffeur admet avoir refusé de leur ouvrir les portes de son véhicule, mais conteste avoir jugé leurs tenues.

L’histoire avait largement circulé sur les réseaux sociaux grâce à un texte de l’écrivain Kamel Bencheikh publié sur Facebook. Sa fille Elise, 29 ans, et une amie se sont vues refuser l’accès à un bus dans le XIXe arrondissement de Paris le 30 avril au soir. La raison, selon elles ? Les jeunes femmes sont toutes deux vêtues d’une jupe.

Ce lundi soir, Elise, qui a recontré des agents de la RATP pour la première fois depuis les faits, a décidé de ne pas porter plainte, a déclaré son avocat auprès de nos confrères du Parisien. « Il n’y a pas de volonté de ma cliente d’engager d’action à ce jour, a indiqué son avocat Richard Malka. Ce qu’elle souhaite, c’est d’une part recevoir des excuses de la régie, et d’autre part que des mesures soient prises pour que cette situation ne se reproduise pas. »

La RATP a lancé une enquête interne

Les deux jeunes femmes doivent à présent faire parvenir à la RATP un récit précis et détaillé des faits qui se sont déroulés ce soir-là.

De son côté, la régie de transports a lancé une enquête interne. Une procédure d’enquête disciplinaire a également été ouverte à l’encontre du conducteur de bus. Entendu par sa hiérarchie, le chauffeur admet avoir refusé d’ouvrir les portes, mais conteste avoir demandé à l’une des jeunes filles de « mieux s’habiller », comme l’affirme son père dans un post Facebook aujourd’hui retiré par le réseau social.

L’avocat d’Elise affirme que sa cliente n’est « pas une militante ». Selon lui, « ce qu’elle souhaite, c’est que les principes républicains soient respectés. »

Plusieurs élus ou membres du gouvernement ont publiquement soutenu les deux jeunes femmes lorsque l’affaire a éclaté. Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, et Elisabeth Borne, ministre en charge des Transports, avaient publié un communiqué commun indiquant « suivre avec la plus grande attention le déroulement de cette enquête, et savent la détermination de la RATP à faire respecter les principes de laïcité et du droit de chacune et chacun à circuler librement dans les transports publics ».