Paris: Le chauffeur de bus accusé d'avoir refusé une femme en jupe reconnaît «une faute de service» mais conteste la version des faits

ENQUETE La RATP a également indiqué ce dimanche avoir ouvert une procédure disciplinaire «qui pourra aller jusqu’à la révocation» à l'encontre du chauffeur de bus

Hakima Bounemoura

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Illustration d'un bus de la RATP.
Illustration d'un bus de la RATP. — LOIC VENANCE / AFP

On en sait un peu plus sur l’incident qui se serait déroulé mardi soir à l’arrêt de bus Botzaris dans le 19e arrondissement de Paris. Kamel Bencheikh, un écrivain algérien, a accusé mercredi un chauffeur de la RATP d’avoir refusé l’accès au bus à sa fille et à son amie en raison d’une jupe jugée « trop courte ». Il a raconté la mésaventure vécue par sa fille dans un message posté mercredi sur son compte Facebook [un post supprimé par le réseau social].

Après avoir auditionné samedi soir le chauffeur de bus mis en cause, la RATP a indiqué ce dimanche à 20 Minutes avoir ouvert une procédure disciplinaire à son encontre. « A ce stade de l’enquête interne, le machiniste ne reconnaît pas les faits tels qu’ils ont été présentés dans la presse. Il reconnaît toutefois une faute de service, notamment avec le non-respect des règles d’exploitation en ayant refusé d’ouvrir les portes à deux jeunes femmes, à une heure tardive, à la station Botzaris », explique la RATP à 20 Minutes.

Une procédure disciplinaire « qui pourra aller jusqu’à la révocation »

« Dans ce contexte, la RATP a décidé d’ouvrir une procédure disciplinaire, à partir des premiers éléments recueillis, qui pourra aller jusqu’à la révocation », indique la régie des transports parisienne, sachant qu’à ce jour, aucune plainte judiciaire n’a été déposée. Le conducteur concerné, en poste à la RATP depuis quatre ans, n’a aucun antécédent dans son dossier et n’a jamais eu à faire « l’objet d’observation ou de sanction quant à son comportement ».

La RATP a également précisé à 20 Minutes que les vidéos à bord du bus utilisé le soir de l’incident ne pouvaient plus être exploitées car hors délai, et a indiqué qu’elle allait prolonger son enquête interne en attendant le recueil des témoignages. Malgré un appel à témoins lancé sur Twitter, elle précise que pour l’instant, aucun retour ne lui a été fait.

La régie des transports a également contacté, par deux fois, l’auteur du signalement, le père de la jeune femme, en vain. « Pour la poursuite de la procédure, il est essentiel qu'(il) nous livre directement son témoignage en dressant un signalement complet auprès de nos services ».

Dans un communiqué de presse commun au ministère chargé des Transports et au secrétariat d’Etat chargé de l’Egalité entre les femmes et les hommes, un appel à témoins a également été lancé samedi soir afin de recueillir tous les témoignages utiles. Elisabeth Borne et Marlène Schiappa indiquent « suivre avec la plus grande attention le déroulement de cette enquête, et savent la détermination de la RATP à faire respecter les principes de laïcité et du droit de chacune et chacun à circuler librement dans les transports publics ».