Incendie à Notre-Dame de Paris: Reliques, grands «Mays»... 1.300 œuvres ont été mises à l’abri

SOCIETE Ce jeudi, à la préfecture de la Région Ile-de-France, Karine Duquesnoy, directrice régionale adjointe des affaires culturelles d'Ile-de-France, est revenue sur le plan de sauvetage des œuvres de la cathédrale

Romain Lescurieux

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Notre-Dame de Paris le 16 avril 2019.
Notre-Dame de Paris le 16 avril 2019. — Bastien LOUVET/SIPA
  • 1.300 œuvres ont été mises à l’abri, au musée du Louvre ou dans des entrepôts sécurisés.
  • Elles vont être préservées, restaurées. 

« Pendant que les pompiers travaillaient, des équipes de la Drac étaient à leurs côtés, pour gérer l’évacuation d’œuvres d’une valeur inestimable », explique Karine Duquesnoy, directrice régionale adjointe des affaires culturelles d'Île-de-France (Drac). Ce jeudi, à la préfecture de la Région Ile-de-France, elle est revenue sur le déroulement de la soirée durant laquelle l’incendie s’est déclenché à Notre-Dame de Paris et notamment sur le plan de sauvetage des œuvres de la cathédrale.

Il y a dix jours, dans la nuit de lundi à mardi, alors que les flammes embrasent l’édifice, Karine Duquesnoy est au poste de commandement des pompiers et doit alors prendre rapidement la décision de sortir le plus d’œuvres, le plus vite possible, dans « le respect de la vie humaine ».

« Je n’ai jamais quitté des yeux les reliques »

Statue du 14e siècle, grands « Mays », objets liturgiques… « L’urgence c’était : tout ce que nous pouvons sortir, nous le sortons », s’exclame-t-elle. En coopération avec la brigade de sapeurs-pompiers de Paris ​(BSPP), le service des musées de France et les équipes de la mairie de Paris, des œuvres sont dès lors évacuées de la cathédrale pour rejoindre des camions de la ville et être entreposées notamment dans une salle de la mairie. Elles sont tracées, répertoriées. Un véritable travail de fourmi est effectué par les équipes. Et une attention toute particulière est portée sur les Saintes-Reliques, propriétés du clergé.

« Nous avons travaillé avec la confiance du clergé et personnellement, je n’ai jamais quitté des yeux les reliques, à partir du moment où elles sortent dans les mains d’agents de la Drac, jusqu’à ce qu’elles entrent dans un coffre à l’hôtel de ville, puis au Musée du Louvre. Je les ai même gardées un temps », raconte Karine Duquesnoy. Dès le lendemain, l’évacuation des œuvres se poursuit et continue aujourd’hui.

1.300 œuvres ont été mises à l’abri

Ce jeudi, la statue de Notre-Dame, située à la croisée du transept, qui « a échappé aux chutes de plomb en fusion et à la chute de la flèche », précise-t-on à la Drac, a été déposée en sécurité. Selon le dernier comptage effectué, 1.300 œuvres ont été mises à l’abri, au musée du Louvre ou dans des entrepôts sécurisés.

Dans la cathédrale, il reste actuellement des textiles, qui ne courent aucun risque dans l’immédiat, et quelques tableaux qui ne sont pas encore accessibles. Certaines œuvres sont également ceintes de filets pour les protéger de risques de chutes. « Même si on est jamais vraiment entraînés à faire face à un tel événement », reprend Karine Duquesnoy, les opérations d’évacuation ont été « efficaces » la nuit de l’incendie, notamment car les différentes équipes s’étaient préparées.

Des exercices effectués en amont

« Il y avait eu un travail effectué entre les équipes de la Drac et la brigade des sapeurs-pompiers avec deux exercices en situation d’incendie "grave" » », révèle Karine Duquesnoy. Selon la Drac, « cela avait permis aux pompiers d’avoir une approche très fine des positionnements des œuvres présentes dans la cathédrale », notamment les grands Mays. Les pompiers avaient en effet un cahier de présence et savaient précisément les œuvres qu’il fallait sortir dans l’hypothèse d’un incendie. « Si les grandes rosaces sont aujourd’hui préservées et en état, c’est parce qu’il y avait eu ce travail en amont », assure Karine Duquesnoy.

Tapis, grands « Mays », tableaux… Autant d’œuvres qui n’ont pas souffert « au-delà du raisonnable mais ont souffert d’humidité, de l’eau, de la suie », note Karine Duquesnoy. Les tableaux doivent notamment sécher avant d’être nettoyées. Désormais, il va y avoir un véritable un travail de préservation et de restauration de ces 1.300 œuvres avant de retrouver la place qui est la leur.