Yvelines: Des associations adressent une plainte après la fuite de pétrole du pipeline

SOCIETE Fin février, une faille sur le pipeline des Yvelines avait provoqué la fuite de 900 m3 de pétrole brut

R.L avec F.H

— 

Une fuite d'hydrocarbures s'est propagé au niveau de la commune d'Audouillet, dans les Yvelines.
Une fuite d'hydrocarbures s'est propagé au niveau de la commune d'Audouillet, dans les Yvelines. — Préfecture des Yvelines

« Nous avons décidé d’agir », affirme Marie-José Jaouen, référente des Yvelines pour France Nature Environnement (FNE). Ce lundi, sept associations, dont les antennes locales de FNE et le collectif « Sauvons les Yvelines » ont adressé une plainte contre X à la procureur de Versailles, deux mois après la fuite de pétrole du pipeline dans le département.

Une faille, détectée le 24 février sur le pipeline reliant Le Havre (Seine-Maritime) à Grandpuits (Seine-et-Marne), sur les communes d’Autouillet et de Boissy-sans-Avoir dans le Nord-Ouest des Yvelines, avait provoqué la fuite de 900 m3 de pétrole brut, avant qu’elle ne soit colmatée définitivement le lendemain. Mais une zone de huit hectares a été touchée par la pollution dont plusieurs rus et un ruisseau. Et depuis ?

500 m3 d’hydrocarbures purs pompés

Après la fuite, un arrêté préfectoral a été pris pour éviter une propagation et la zone a été « étanchéifiée » et les terres polluées « neutralisées », détaille auprès de 20 Minutes, Michel Heuzé, sous-préfet de Rambouillet. Depuis, Total, responsable et en charge des opérations de nettoyage de la zone contaminée, a pompé un mélange d’eau et de pétrole dont 500 m3 d’hydrocarbures purs et récupère les terres polluées.

« Ensuite, nous allons entrer dans la phase de dépollution et de traitement des terres dans des sites spécialisés », poursuit-il et de préciser : « Via un second arrêté préfectoral, Total est chargé de la surveillance de la qualité des eaux souterraines et à la surface ».

Quid de l’eau potable ?

Interrogée par 20 Minutes, une mère de famille de Saint-Nom-la-Bretêche dit ne plus utiliser que de l’eau minérale pour faire son thé ou son café. « On n’a eu aucune info sur la pollution. Par principe de précaution, on ne boit plus d’eau du robinet. La mairie ne sait rien. On ne sait pas si l’eau est polluée ou non », affirme-t-elle. Le sous-préfet se veut rassurant.

« Les nappes phréatiques n’ont, à aucun moment, été touchées », assure-t-il. Sur recommandation de l’Agence régionale de santé, le préfet Jean-Jacques Brot avait préconisé de « ne pas utiliser les puits par précaution » dans la commune de Vicq. Une préconisation terminée désormais, rappelle-t-on à la sous-préfecture.

Et sur le plan de l’enquête ?

Après le drame, Total avait activé sa cellule de crise et son Plan de surveillance et d’intervention (PSI). « Des investigations sont en cours pour déterminer les origines de la fuite », précisait alors l’entreprise pétrolière et gazière. Le 25 février, une enquête judiciaire a été ouverte. « Nous ne communiquerons aucun élément à ce sujet », avait prévenu Jean-Jacques Brot.

« Total a présenté ses plus sincères excuses aux riverains impactés par cet incident et réitère également son engagement de prendre à sa charge le chantier de dépollution, la remise en état des terrains affectés ainsi que des zones endommagées comme les routes et les conséquences sur les récoltes agricoles », indique ce mardi l’entreprise à 20 Minutes et de conclure : « Les expertises techniques menées sous le contrôle de l’Administration se poursuivent pour comprendre ce qui s’est passé. La section endommagée du pipeline a été analysée par l’Institut de Soudure. Les données de la dernière inspection du PLIF (filiale de Total) par racleurs instrumentés sont également en cours d’analyse. Le remplacement de la section endommagée du pipeline est terminé ». Mais les associations déplorent le manque d’information.

« On nous refuse l’accès au dossier. Nous demandons la nomination d’un juge d’instruction pour qu’une enquête détermine notamment le responsable. Nous n’excluons pas de nous constituer partie civile », alerte Philippe Heurtevent, président de l’association « Sauvons les Yvelines ».