Notre-Dame de Paris: Les travaux de bâchage s’accélèrent pour protéger la cathédrale de la pluie

TRAVAUX Les intempéries, qui menacent l’édifice dès mercredi, sont susceptibles de causer des dégradations et des affaissements

20 Minutes avec AFP

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Des alpinistes professionnels installent des bâches sur la cathédrale Notre-Dame, le mardi 23 avril 2019 à Paris.
Des alpinistes professionnels installent des bâches sur la cathédrale Notre-Dame, le mardi 23 avril 2019 à Paris. — Thibault Camus/AP/SIPA

Les travaux de bâchage de Notre-Dame de Paris ont débuté mardi, en commençant par l'intérieur de la cathédrale, alors que le retour de la pluie est attendu mercredi sur Paris, a-t-on appris auprès du responsable de la communication de la cathédrale. « Les travaux de bâchage ont commencé », a indiqué à l’AFP le responsable communication de Notre-Dame, André Finot. « On va commencer par le chœur, puis la nef ».

Les dégradations et les affaissements qu’est susceptible de causer le ruissellement de l’eau sur l’édifice et les œuvres qui s’y trouvent encore sont redoutés, alors que d’importantes quantités d’eau ont déjà été déversées dans l’édifice par les pompiers pour éteindre l'incendie géant du 15 avril.

Immense « parapluie »

Comme c’est le cas dans ce type de chantiers, une sorte d’immense « parapluie » doit être installé afin de protéger le bâtiment de façon permanente des intempéries, le temps pour les ouvriers d’effectuer les travaux de reconstruction. Cette installation pourrait prendre des semaines.

Le président Emmanuel Macron a fixé comme objectif que la reconstruction de la cathédrale soit achevée dans les cinq ans. Un délai tenable aux yeux de nombreux experts, mais trop court, selon d’autres, notamment en raison des délais des expertises.

Concernant l’enquête, c’est la piste d’un incendie d'origine accidentelle (court-circuit notamment) est privilégiée. Mais la cause pour l’instant n’est pas éclaircie, et les débris calcinés vont être passés au peigne fin à la recherche du moindre indice. La thèse d’une action malveillante paraît très improbable même si elle a été évoquée, notamment dans les partis de droite et d’extrême droite, comme Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan.

Des failles de sécurité

Les dédommagements pour les biens détruits lors du sauvetage du bâtiment commencent à être évoqués. Mgr Patrick Chauvet, recteur de la cathédrale, a annoncé son intention de « porter plainte pour destruction involontaire », pour « que les assurances fonctionnent » pour les biens appartenant à l’Eglise à l’intérieur de l’édifice, a-t-on appris auprès du diocèse.

Dans son édition datée du 24 avril, Le Canard enchaîné évoque une « série d’erreurs humaines » qui auraient retardé l’intervention des pompiers, le jour de l’incendie. Selon l’hebdomadaire satirique, les soldats du feu ne seraient intervenus que trente-cinq minutes après la première alerte incendie, contre les vingt minutes annoncées officiellement.

Le Canard enchaîné dénonce également plusieurs failles de sécurité : des ouvriers fumant sur les échafaudages, des fils électriques apparents dans les combles du monument exposés à un risque de court-circuit, les cloches de la flèche seraient restées électrifiées, une insuffisance de colonnes sèches. Le plan incendie de l'édifice, mis en place par la direction régionale des affaires culturelles, n’aurait pas été respecté.